“ L’économie politique prouve avec la dernière évidence que la monnaie est une marchandise de même nature que toutes les autres ; une marchandise qui tire sa valeur de ses usages et non des lois. En effet, dans tout échange, où la monnaie entre comme l’un des termes du contrat, le vendeur ne peut-il pas refuser sa marchandise si le prix ne lui convient pas ? et la valeur d’une chose, de la monnaie dans ce cas-ci, n’est-elle pas proportionnée à la quantité du produit qu’elle peut obtenir ? Combien de fausses mesures et de mauvaises lois peut prévenir une seule question bien posée ! ”
Résumé
L’Encyclopédie progressive, œuvre anonyme et encyclopédique, examine les fondements de l’économie politique à travers une approche méthodique des notions de production, consommation, valeur et capital. Elle s’inscrit dans une tradition intellectuelle qui reprend les idées d’Adam Smith et de Quesnay, en analysant les mécanismes de l’industrie, du commerce et des richesses sociales.
Structurée comme un dictionnaire analytique, elle traite de la monnaie, de l’échange, de la propriété et de l’accumulation, mettant en évidence le rôle central de l’observation empirique dans la compréhension des dynamiques économiques. Son propos, rigoureusement factuel, souligne la nécessité de distinguer les sacrifices réels de l’impôt et la fonction reproductive du capital, tout en reconnaissant l’importance de la consommation comme fin de toute production.
Citations de Encyclopédie progressive ()
“ C’est dans la retraite qu’un philosophe se retrace nettement ce qu’il a observé, qu’il juge par induction de ce qu’il n’a pas vu, et en tire d’importantes vérités. C’est la qu’il entre en communication avec le monde entier, dont la société ne lui offre que des parties. C’est là qu’Adam Smith composa ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, ouvrage qui élève l’économie politique au rang des sciences positives, par le soin qu’il a pris de ne jamais fonder un raisonnement que sur l’observation et l’expérience. ”
“ Tel est le mécanisme de la production vu en masse ; il présente de nombreux phénomènes quand on l’observe dans ses détails. L’industrie de l’homme, qui consiste en général dans la faculté de créer des valeurs, y parvient par des voies diverses. Quand elle recueille les produits immédiats que la nature fournit à nos besoins, et qui ne sont le fruit d’aucune industrie antérieure, elle se nomme agriculture [9] ; quand elle modifie et transforme les produits des autres industries, c’est l’industrie manufacturière ; quand elle les place sous la main du consommateur, c’est le commerce. ”
