Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mars 1889

Qu’on ne crie pas au paradoxe sous pretexte de parallèle. Sans forcer le chef-d’œuvre, on peut, on doit en sentir la grandeur, que dis-je, la tristesse. C’est le sourire, le rire même de Pergolèse, oui ; mais on sait depuis Homère que le rire est voisin des larmes. Il n’y a pas moins de mélancolie, d’ironie amère dans la Servante maîtresse, que dans le Misanthrope, l’École des Femmes ou George Dandin, Pandolfe, Arnolphe, les deux noms ne riment pas seulement pour l’oreille, Pandolfe est ridicule, mais ridicule à faire pitié.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mars 1889

Chez le vieux barbon, c’est un vrai tambour d’amour qui bat la charge : Tapata, tapata, tapata ! et l’écho de ce tapata, que le bonhomme roule de sa grosse voix de basse, est imité, naïveté charmante, à moins que ce ne soit malice, par de frêles pizzicati qui semblent railler Pandolfe et le dédier de faire en amour autant de bruit qu’il s’en promet.
Bien que privée de ce ravissant duo et augmentée de quelques pages dont, nous n’avons pas le loisir de discuter ici l’authenticité, parfois probable, parfois douteuse, la Servante maîtresse nous a enchanté.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mars 1889

Au fond, on ne saurait plaindre véritablement le bonhomme, qui voit le piège et s’y jette. On rit de sa sottise présente et de sa punition prochaine ; on en rit avec la coquine, si hardie à offrir, à vendre son impudique et triomphante jeunesse ; on trouve que le vieux galant ne vaut guère mieux que sa soubrette, que tout cela est malheureux et misérable et que celle ravissante comédie musicale ne prête pas seulement à rire.
Quoi ! tant de choses dans la Servante maîtresse !
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