Charles Daubige

Résumé

Charles Daubige,  Revue des Deux Mondes

“ Tu n’es donc pas une vision?
— Non, je ne suis pas une vision, Mabrouck est mon nom, Mabrouck le Mozabite [6] , le fils d’un boucher. Je ne suis pas noble, mais je suis plus brave, plus aimant, plus dévoué que tous ceux qui te recherchent.
— Fuis alors, s’écria Néfissa, fuis, je ne m’appartiens plus, je suis promise à Djilali... — Promise!.. soupira, après un instant de silence, le Mozabite. Promise! répéta-t-il avec amertume et reproche. Et ta parole d’appartenir à celui qui aurait rempli tes vœux? Et tes sermens? continua le fils du boucher, ému jusqu’au fond de l’âme.
”
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Charles Daubige,  Revue des Deux Mondes

“ Tout ce petit monde gazouillait, heureux de vivre, abrité du soleil par le toit odorant que formaient au-dessus de lui les tiges du rosier, disposées artistement par le conquérant de cette nouvelle toison d’or.
Des esclaves portèrent avec des cris de joie la cage à Néfissa. Quant aux hommes, envieux et méchans, ils firent cercle autour de cet inconnu qui, plus habile et plus brave qu’eux, satisfaisait enfin aux vœux de Néfissa.
— Qui es-tu? dirent-ils tous à la fois, et leur bouche s’ouvrait déjà pour lancer l’injure, lorsque Kouïder les arrêta d’un geste.
”
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Charles Daubige,  Revue des Deux Mondes

“ Un silence adorable régnait sur l’oasis. Un vent léger, venant de l’ouest, passait à travers les rameaux des arbres, arrachant des bruissemens de bien-être à cette nature alanguie.
Tout à coup un fantôme blanc apparut aux limites de la haie de citronniers, immobile et muet. La première pensée de Néfissa fut de fuir. La peur la cloua sur le sol. Le fantôme, subitement animé, s’approcha et, prenant dans ses mains une poignée de terre qu’il répandit sur sa tête en signe de soumission, il s’exprima ainsi :
— Néfissa, l’homme qui a tout bravé pour toi est à tes pieds
”
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