Résumé

Charles Du Bos  La Nouvelle Revue Française

En réalité, de tout personnage qui l’intéresse le physique le passionne, — plus peut-être même qu’il ne passionne les écrivains qui, rivalisant avec les peintres, exécutent, souvent avec maîtrise, de tels portraits ; car ici la passion de Mérimée est une passion désintéressée, pure de toute arrière-pensée d’émulation : c’est la passion à base de curiosité du grand observateur, du naturaliste : l’œil qui regarde, non la main qui s’acharne à rendre. Connaître le physique des personnages historiques, c’est, chez Mérimée, à la fois un plaisir et un besoin, comme une loi de son esprit.
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Charles Du Bos  La Nouvelle Revue Française

« Il ne sait rien imparfaitement », — circonstanciée et scrupuleuse, où un retrait, un repentir vient aussitôt corriger, compenser toute avance un peu risquée, de toutes les formes de connaissance est peut-être la moins favorable à l’art de rendre, au sens plastique du terme, lequel trouve son meilleur point de départ, son tremplin le plus efficace, dans une vue limitée prise par un regard perçant.
Mais, objectera-t-on peut-être, ce refus de Mérimée à entreprendre le portrait physique d’un personnage ne tiendrait-il pas, tout simplement, à quelque impuissance de sa part ?
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Non, — semble-t-il toujours dire, — de ses personnages un écrivain ne doit décidément au lecteur que le portrait moral et si, à travers ce portrait moral, il se trouve qu’il lui livre quelque chose de plus, tant mieux pour l’écrivain, à condition qu’il ne l’ait pas cherché. Le lecteur avec cela n’est-il pas encore satisfait ? S’il proteste, comme à la fin du dialogue : « Oh ! je m’aperçois que je ne trouverai pas dans votre roman ce que je cherchais », Mérimée se bornera toujours à répondre : « Je le crains ».
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