Charles Guérin

Charles Guérin

Résumé

Portrait de Charles Guérin Charles Guérin Le Semeur de cendres

L’herbe est comme une mer où l’onde poursuit l’onde.
L’allée a de lascifs contours de femme blonde.
Le lierre en feu frissonne à la crête d’un mur.
Un oiseau que le vent balance dans l’azur
Chante sur le bouleau sans feuille encor. Je rêve,
Au sein d’une lumière heureuse, ivre de sève
Et d’air, le front tourné vers l’orient, et tel
Qu’un jeune dieu qui vit son matin immortel.
Ainsi, dans le jardin lustré de pousses vertes,
Je vais, joignant les mains et les lèvres ouvertes
Pour répandre l’amour dont mon cœur s’est gonflé
Devant l’aube, le vierge azur, le lierre ailé.
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Portrait de Charles Guérin Charles Guérin Le Semeur de cendres

Vivre est doux aux rayons du soir, le long des murs,
Quand un air tiède émeut la treille jaune et mêle
L’odeur de l’Océan aux parfums des fruits mûrs.
Tu seras à mes pieds, tu tiendras ma main nue ;
Tes yeux tristes levés sur les miens y liront
Une ardente pitié pour ta peine inconnue ;
Et puis je poserai mes lèvres sur ton front.
Dans cette humble maison nous aurons Dieu pour hôte ;
L’amour n’y sera plus qu’une prière : Ainsi
La femme pour les cœurs, Seigneur, qu’elle vous ôte,
Parfois vous rend un cœur hier encore endurci.
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Portrait de Charles Guérin Charles Guérin Le Semeur de cendres

La pensée est une eau sans cesse jaillissante.
Elle surgit d’un jet puissant du cœur des mots,
Retombe, s’éparpille en perles, jase, chante,
Forme une aile neigeuse ou de neigeux rameaux,
Se rompt, sursaute, imite un saule au clair de lune,
S’écroule, décroît, cesse. Elle est sœur d’Ariel
Et ceint l’écharpe aux tons changeants de la Fortune
Où l’on voit par instants se jouer tout le ciel.
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