Charles Guérin,
Le Semeur de cendres
“ L’herbe est comme une mer où l’onde poursuit l’onde. L’allée a de lascifs contours de femme blonde. Le lierre en feu frissonne à la crête d’un mur. Un oiseau que le vent balance dans l’azur Chante sur le bouleau sans feuille encor. Je rêve, Au sein d’une lumière heureuse, ivre de sève Et d’air, le front tourné vers l’orient, et tel Qu’un jeune dieu qui vit son matin immortel. Ainsi, dans le jardin lustré de pousses vertes, Je vais, joignant les mains et les lèvres ouvertes Pour répandre l’amour dont mon cœur s’est gonflé Devant l’aube, le vierge azur, le lierre ailé. ”
