Blanche Lamontagne-Beauregard,
Visions gaspésiennes
“ Connais-tu le ruisseau qui descend la colline, Là-bas, et qui se perd ensuite dans les champs, Le ruisseau merveilleux qui chante et qui s’incline Sous la mousse des prés et la fleur des penchants ? Dans l’aulnier de ses bords souvent les moissonneuses Vont s’asseoir, pour parler de quelque jouvenceau. Et le passant bénit ces jeunes ricaneuses : Connais-tu le ruisseau ? Les amoureux y vont, le soir, couples par couples, À l’heure où les chemins sont dans un demi-jour, Et l’on peut voir passer, au loin, leurs formes souples, Comme un troupeau léger que gouverne l’amour... ”
