Costa de Bastelica

Résumé

Costa de Bastelica Revue des Deux Mondes

Les populations que chasse un vent d’orage,
Tandis qu’à l’horizon, où passent des bruits sourds,
La Corse refermait sa ceinture de tours.
Dans une de ces tours, notre beffroi sonore,
Cette conque d’Éole est conservée encore ;
Mais une longue paix l’a laissée en repos,
D’une montagne à l’autre elle n’a plus d’échos ;
Les hommes d’aujourd’hui, descendus dans les villes,
Feraient, pour en jouer, des efforts inutiles.
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Costa de Bastelica Revue des Deux Mondes

Un homme vint qui prit le coursier par la bride :
C’était le montagnard. À ses grands traits hardis,
Il le reconnut bien pour l’avoir vu jadis,
Lorsque, jeunes tous deux, officiers dans les gardes
Urbaines, ils avaient combattu chez les Sardes.
Vingt ans s’étaient passés. En le retrouvant là,
Toute sa vie, un monde entier se déroula.
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Costa de Bastelica Revue des Deux Mondes

Les conduisait, tenant l’animal par la bride.
Les Barbets cependant, accourus à grands pas,
Traversaient les makis semblables aux pampas ;
Leurs molosses hideux, espèce qu’on renomme,
Dressés par ces bandits à la chasse de l’homme,
Que des chaînes de fer tenaient toujours liés,
Libres cette nuit-là, bondissaient sans colliers.
Tout à coup, quel obstacle arrête la colonne
Des fugitifs ? — Quel est ce bruit ? — C’est la Gravone.
Sept fois le vieux coursier, dans un suprême effort,
Passa, puis repassa de l’un à l’autre bord.
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