Résumé

Denys Cochin La Guerre allemande et le catholicisme

Prier n’est pas allumer un cierge dans un sanctuaire pour gagner aux courses dimanche prochain. Les vœux que l’homme adresse à Dieu laissent à la Providence divine plus de latitude. En ce moment il n’est pas un de nous, Français, qui ne repousse, même au prix de sa vie, une paix boiteuse, éphémère et indigne. Mais en quoi ce sentiment est-il blessé, et quel homme raisonnable peut éprouver de l’étonnement ou de l’inquiétude, quand nous apprenons cette nouvelle : Le Pape au nom de l’humanité, au milieu de la plus horrible guerre, a adressé ses prières à Dieu, pour la Paix !
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Denys Cochin La Guerre allemande et le catholicisme

Il a confiance en la liberté et foi en Dieu.
Il n’est pas surprenant que l’esprit religieux, quand il revêt deux formes si différentes entraine les âmes dans des directions opposées. Ceux qui ont gardé la notion de l’absolu, — comme dit M. Gaudeau, — et qui adorent la vérité et la justice éternelles, voudront respecter les faiblesses et soulager les misères de l’humanité : ceux-là seront chrétiens. Ceux qui jugent toute relative la valeur des notions atteintes par notre intelligence, et par suite professent la religion de la force et le culte de l’Etat, ne songeront qu’à vaincre et à dominer.
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Denys Cochin La Guerre allemande et le catholicisme

Il se sent roi dans son domaine, et entretient simplement avec la société un échange de bons offices. La Société ne pourra jamais lui offrir un appui moral supérieur, n’étant que la collection de ses semblables ; et la Mana, Divinité sociale, n’étant qu’une chimère. Il ne professera donc jamais la Religion de l’Etat. S’il veut prier, son culte et ses prières s’adressent à une puissance et à une justice éternelles.
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