Erckmann-Chatrian

Résumé

Erckmann-Chatrian,  Madame Thérèse (1925)

“ On ne doit jamais s’inquiéter des autres ; il faut faire ce que le bon cœur nous commande, dit l’oncle. Tous les hommes sont naturellement bons et justes, mais le mauvais exemple les entraîne. »
Comme nous causions ainsi, quelques paroles s’entendirent dans l’alcôve ; tout le monde se tut, prêtant l’oreille.
« Ceci, mauser, murmura l’oncle, n’est plus la voix du délire, c’est une voix faible, mais naturelle. »
Et se levant, il écarta les rideaux. Le mauser et moi nous étions derrière lui, le cou tendu. La femme, bien pâle et bien maigre, semblait dormir ; on l’entendait à peine respirer.
”
Source : Gutenberg

Erckmann-Chatrian,  Madame Thérèse (1925)

“ Qu’est-ce que cela peut signifier, docteur Jacob, sinon tous ces hommes qui parlent sans cesse d’amour du prochain, pour obtenir notre argent ; qui ne croient à rien, et nous menacent de l’enfer ; qui s’habillent de pourpre et d’or, et nous prêchent l’humilité ; qui disent : « Vendez tous vos biens pour suivre le Christ ! » et ne font qu’entasser richesses sur richesses dans leurs palais et leurs couvents ; qui nous recommandent la foi et rient entre eux des simples qui les écoutent ?... — N’est-ce pas l’esprit d’impureté ?
— Oui, dit l’oncle, c’est abominable.
”
Source : Gutenberg

Erckmann-Chatrian,  Madame Thérèse (1925)

“ Le chien Scipio était assis près de moi, fixe et grave, et comme je goûtais à chaque instant la crème qui sortait de la baratte, il bâillait d’un air mélancolique.
« Mais, Fritzel, disait Lisbeth, à quoi penses-tu donc ? Si tu manges toute la crème, nous n’aurons plus de beurre. »
Dans la salle l’horloge marchait lentement ; dehors le silence était absolu.
Cela durait depuis une demi-heure, et Lisbeth venait de mettre le beurre frais sur une assiette, lorsque des voix s’entendirent dans la rue ; puis la porte de l’allée s’ouvrit, des pieds chargés de neige battirent les dalles du vestibule.
”
Source : Gutenberg

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