Erckmann-Chatrian

Résumé

Erckmann-Chatrian,  L’Ami Fritz (1864)

“ Mais comme il allait sortir et jetait un dernier regard au malade, Fritz ouvrit les yeux.
« C’est moi, monsieur Kobus, dit-il en revenant ; vous avez quelque chose... un chagrin... une douleur... n’est-ce pas ?
Fritz referma les yeux, et Kipert vit deux larmes dans les coins.
« Votre maître a des chagrins, » dit-il à Katel tout bas.
Dans le même instant Kobus murmurait :
« Le rebbe !... le vieux rebbe !
— Vous voulez voir le vieux David ? »
Il inclina la tête.
« Allons, c’est bon, le danger est passé, dit Kipert en souriant. Il arrive des choses drôles dans ce monde. »
”
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Erckmann-Chatrian,  L’Ami Fritz (1864)

“ David s’assit en riant à son tour.
« Tu les a inventés, n’est-ce pas ? dit-il. Tu fais toujours des inventions pareilles.
— Non, rebbe, non ; ce n’est ni moi ni Katel. Je serais fier d’avoir inventé ces beignets, mais rendons à César ce qui est à César : l’honneur en revient à la petite Sûzel... tu sais, la fille de l’anabaptiste ?
— Ah ! dit le vieux rebbe, en attachant sur Kobus son œil gris ; tiens ! tiens ! et tu les trouves si bons ?
— Délicieux, David !
— Hé ! hé ! hé ! oui... cette petite est capable de tout... même de satisfaire un gourmand de ton espèce. »
”
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Erckmann-Chatrian,  L’Ami Fritz (1864)

“ Ah çà ! dis donc, tu veux te moquer de moi, Fritz... Ha ! ha ! ha ! je ne donne pas là-dedans comme le vieux rebbe Sichel... ta mine grave ne me trompe pas... je te connais !...
— Et je te dis, moi, s’écria Kobus, qu’il est injuste de reprocher à ces paysans de croire à quelque chose, et surtout de leur en faire un crime. L’homme n’est pas seulement sur la terre pour amasser de l’argent et pour s’emplir le ventre... Ces pauvres gens, avec leur foi naïve et leurs pommes de terre, sont peut-être plus heureux que toi, avec tes omelettes, tes andouilles et ton bon vin.
”
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