Erckmann-Chatrian, Contes et romans populaires
“ S’approchant aussitôt du clavecin, il l’ouvrit et passa les doigts sur ses touches jaunes : un son grêle s’échappa du petit meuble, et le bon Kobus, en moins d’une seconde, revit les trente années qui venaient de s’écouler. Il se rappela madame Kobus, sa mère, une femme jeune encore, à la figure longue et pâle, jouant du clavecin ; M. Kobus, le juge de paix, assis auprès d’elle, son tricorne au bâton de la chaise, écoutant, et lui, Fritz, tout petit, assis à terre avec le cheval de carton, criant : « Hue ! Hue ! » pendant que le bonhomme levait le doigt et faisait : « Chut ! » ”
