Erckmann-Chatrian, Contes fantastiques (3e éd.) (1873)
“ « Je ne mange pas, dit-il. — Et Titus? — Le misérable ne mangera pas non plus! — Ni moi, » dit Louise en se retirant. Vers le soir il se passa une scène remarquable. Titus avait une faim de cannibale, Rembrandt aussi, mais il s'obstinait à ne pas manger. Titus se prit à hurler qu'il avait faim. Alors, son père, s'approchant de la porte, lui dit : « Où sont mes tableaux ? — J'ai faim! j'ai faim! — ce fut toute la réponse du fils. — Et moi aussi, murmura le peintre à voix basse, moi aussi j'ai faim! Ce qu'il souffre, je le sais. » Il imprimait ses mains dans sa poitrine. ”
