Erckmann-Chatrian

Résumé

Erckmann-Chatrian Contes fantastiques (3e éd.) (1873)

« Je ne mange pas, dit-il.
— Et Titus?
— Le misérable ne mangera pas non plus!
— Ni moi, » dit Louise en se retirant.
Vers le soir il se passa une scène remarquable.
Titus avait une faim de cannibale, Rembrandt aussi, mais il s'obstinait à ne pas manger. Titus se prit à hurler qu'il avait faim. Alors, son père, s'approchant de la porte, lui dit : « Où sont mes tableaux ?
— J'ai faim! j'ai faim! — ce fut toute la réponse du fils.
— Et moi aussi, murmura le peintre à voix basse, moi aussi j'ai faim! Ce qu'il souffre, je le sais. » Il imprimait ses mains dans sa poitrine.
Source : Gallica

Erckmann-Chatrian Contes fantastiques (3e éd.) (1873)

Alors le vieillard indigné se leva et ouvrit la fenêtre, que l'inconnu enjamba sans bruit.
« N'aie pas peur, Charlotte, dit-il, je viens t'annoncer une bonne nouvelle. Mon père sera ici demain. »
Et ne recevant point de réponse, car Zacharias, la main tremblante, allumait la lampe : « Où donc es-tu, Charlotte?
— Me voici, » fit le vieillard en se retournant tout pâle et regardant son rival.
C'était un beau jeune homme, svelte, élancé, l'œil noir bien ouvert, la joue brune, les lèvres vermeilles, couvertes d'une petite moustache, le large feutre à feuille de chêne incliné sur l'oreille.
Source : Gallica

Erckmann-Chatrian Contes fantastiques (3e éd.) (1873)

« Ah! seigneur Rembrandt, dit la vieille, ah!
vous vous êtes bien fait attendre. Cette pauvre petite Rébecea n'espérait plus vous voir. elle est tout en larmes ! » Titus monta l'escalier, Esther le suivit lentement.
C'était une bonne femme que cette vieille Esther; depuis un demi-siècle elle servait Jonas; elle aimait tant sa petite Rébecca qu'elle ne pouvait rien lui refuser. Pour le physique, Esther ressemblait à la sibylle de Cumes: petite, cassée, ratatinée, la tête branlante, les jeux ronds et vifs; sa bouche avait disparu, depuis que le menton et le nez de la vieille formaient un bec.
Source : Gallica

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