Résumé

G. d’A… Revue des Deux Mondes

L’annexion fût-elle, pour Cuba, une condition de salut, au lieu d’être un suicide, cette question seule de race ferait pencher la balance en faveur de la métropole. Une partie des colons auraient pu céder peut-être tôt ou tard à la velléité d’une émancipation pure et simple qui leur aurait permis de rester Espagnols : la crainte, désormais justifiée, de devenir anglo-américains garantit leur fidélité. Entre la plus ombrageuse nationalité de l’ancien monde et la plus envahissante du nouveau, il n’y a d’étreinte possible que pour la lutte, il n’y a d’accord possible que dans l’isolement mutuel.
Source : Wikisource

G. d’A… Revue des Deux Mondes

Un grand nombre de noirs ont pu s’y créer par leur industrie une aisance personnelle qui leur permet souvent jusqu’aux jouissances du luxe, et il ne tient qu’à eux d’oublier qu’ils ont encore un maître. Cette liberté de fait ne vaut-elle pas la liberté légale des noirs et des mulâtres de l’Amérique du Nord, qui ne pourraient, sans courir danger de mort, user des droits politiques que la constitution leur confère, et que l’impitoyable orgueil de la race blanche exclut de ses écoles, de ses églises, et jusque de ses cimetières ?
Source : Wikisource

G. d’A… Revue des Deux Mondes

La propagande à double face des annexionistes n’est pas de nature à inspirer plus de confiance aux planteurs qu’à la race noire. En supposant même que ceux-ci fussent complètement rassurés du côté des abolitionistes américains, le danger ne serait que déplacé. Si l’Espagne voyait jamais Cuba lui échapper par le fait des planteurs, hésiterait-elle un seul, instant, fût-ce en pure perte, à décréter elle-même l’émancipation en masse des noirs ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature