Georges Feydeau,
L’amour doit se taire
“ Germaine. — Ah ! taisez-vous !René. — N’iriez-vous pas, au péril de votre vie, sacrifiant même tous vos rêves de bonheur, sauvegarder votre honneur et venger celle à qui vous devez tout. Ma mère ne veut pas que je me batte, dites-vous ? Mais ne voyez-vous pas qu’en cela son amour pour moi la rend aveugle, oublieuse d’elle-même et croyez-vous qu’au fond, elle n’éprouve pas une douleur amère ! Elle a beau s’estimer au dessus de la calomnie, une injure blesse toujours et son cœur souffre, voyez-vous ! il souffre d’autant plus qu’il ne veut pas avouer sa souffrance. ”
