Henri Bergson,
La Pensée et le mouvant
“ La langue qu’elle parle, quand elle emprunte la voix de la philosophie, n’est pas comprise de même par tout le monde. Les uns la jugent vague, et elle l’est dans ce qu’elle exprime. Les autres la sentent précise, parce qu’ils éprouvent tout ce qu’elle suggère. À beaucoup d’oreilles elle n’apporte que l’écho d’un passé disparu ; mais d’autres y entendent déjà, comme dans un rêve, le chant joyeux de l’avenir. L’œuvre de M. Ravaisson laissera derrière elle ces impressions très diverses, comme toute philosophie qui s’adresse au sentiment autant qu’à la raison. ”
