Henri Vendel

Résumé

Henri Vendel La couronne d'épines (1942)

Souviens-toi d'un amour qui dure à l'infini et qui ne fut jamais si grand qu'en la souffrance. Nul ne peut séparer ceux que Dieu a unis,
car vous êtes, hommes et terre, notre France.
France, mire ton âme aux courbes de tes fleuves. Les Muses, dont le chœur à ton appel s'émeut, dans l'aube de l'été ont mis leurs robes neuves. Vois l'avoine de perle et le blé d'argent bleu,
vois tes coteaux bondir que le pampre couronne comme de jeunes dieux préludant à leurs danses, vois tes vergers : tout est promesse, tout se donne.
Source : Gallica

Henri Vendel La couronne d'épines (1942)

Un cupide désir en vain toujours butine ton verger bourdonnant où mûrit le plaisir : nul, mère, à tes enfants ne saurait te ravir.
Le colloque du ciel et des calmes collines, quelle âme l'entendra que tu n'aies allaitée ? La pudeur de ton front qui se mire aux rivières, de ta joue que colore un baiser de lumière, quelle vue la surprend que tu n'aies pas formée ? Ton vin et le miel de tes fruits, ton pur froment, tes fleuves, ne sont-ils le sang de notre chair ?
Source : Gallica

Henri Vendel La couronne d'épines (1942)

Comme une immense cuve où de lourds vignerons écrasent le raisin que d'autres vendangèrent, ruisselle, ô ma patrie, du vin de la douleur.
D'un sang toujours plus pur les grappes saigneront et tu seras, sous les foulées, toujours plus fière.
Doux pays de la vigne et de l'esprit en fleurs, France que Dieu nomma l'échanson de la terre, peuple dont tant de fois les peuples s'enivrèrent, offre au monde étonné l'exaltante liqueur de ton cœur pressuré sous les pas du malheur.
Source : Gallica

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