Résumé

La république et la vigne (1871)

Celle République que, malgré des efforts surhumains de perfidie et d'habileté, personne, depuis la fameuse nuit du 4 août 1789, n'a jamais pu renverser, ni même ébranler, on a presque toujours eu l'absurde manie de la faire gouverner par des monarques. On place ainsi dans un antagonisme éternel, d'un côté une nation, de l'autre, une dynastie, deux puissances qui ne veulent jamais ni abdiquer, ni même déchoir. C'est une lutte irréconcilliable, qui ne finit jamais que quand l'une de ces deux puissances a écrasé l'autre.
Source : Gallica

La république et la vigne (1871)

Et que sera-ce si les peuples, séduits par l'exemple du bonheur que l'égalité donne à la France, s'avisent enfin de réaliser la même conquête et de vouloir être, comme le Français, hommes et propriétaires?
Comment la France répondra-t-elle à ce cri des nations : Du vin ! du vin ! Depuis quelques années, elle a planté bien des vignes, cependant elle n'en a pas trois millions d'hectares. C'eût été beaucoup trop il y a trente ans ; mais ce serait bien loin de suffire si, dans l'Europe enfin régénérée, l'aisance se mettait à gagner les masses, comme cela s'est fait chez nous.
Source : Gallica

La république et la vigne (1871)

Ne sera-ce pas bientôt le lever du grand astre qui doit mûrir tant d'épis et de grappes et faire bâtir en France tant de greniers et de caves? Que le peuple sache écarter les mains criminelles qui travaillent sans cesse à épaissir les ténèbres et les brumes, et le grand astre se lèvera.
Mais il y a encore des obstacles : il y a des prétendants. — N'allons pas, pour cela, nous figurer qu'au moindre vent qui souffle, notre République et notre vigne sont perdues pour jamais.
Source : Gallica

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