Résumé

Portrait de Jacques Bonhomme Jacques Bonhomme Lettre de Jacques Bonhomme à MM. les députés… (1872)

On ne m'acheva pas : on avait besoin de moi. Qui cultivait la terre ? Jacques Bonhomme ; qui soignait la vigne? Jacques Bonhomme; qui labourait? Jacques Bonhomme; qui payait? Jacques Bonhomme.
Je me relevai, tout écloppé, comme on le devine, et je m'embourbai dans l'esclavage plus bas qu'auparavant. Les seigneurs et le roi me concédèrent, avec la vie, la grâce de travailler encore pour eux. Ce n'est pas d'aujourd'hui, messieurs les députés, que ceux qui tirent les marrons du feu, les croquent au nez et à la barbe de ceux qui les font cuire.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Bonhomme Jacques Bonhomme Lettre de Jacques Bonhomme à MM. les députés… (1872)

Sam comme un gland, vert comme un chêne, j'ai l'estime des honnêtes gens de mon village, et même à trois lieues à la ronde on connaît Jacques Bonhomme. On veut bien m'accorder du bon sens, voire de l'esprit, et je crois que l'on n'a pas tort.
Quand je rêve dans mon coin il m'arrive, le soir, après avoir bêché, planté, semé, labouré, quand je suis rentré dans mon logis, tout en écumant ma marmite de fonte qui pend joyeusement à la crémaillère, il m'arrive de penser, de lire les livres d'histoire et aussi les journaux, qui tous m'apprennent que je suis la clef de voûte de l'édifice social.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Bonhomme Jacques Bonhomme Lettre de Jacques Bonhomme à MM. les députés… (1872)

« Jacques Bonhomme, tu n'es plus rien. »
Figurez-vous un homme qu'on dévalise sur un grand chemin, qu'on débarrasse de ses habits, de ses souliers, de tout. Un des bandits ému de pitié lui rend sa chemise. Après m'avoir dépouillé, ce fut à peu près cela qu'on me laissa : les conquérants me voyant nu comme un ver, eurent la politesse de m'habiller d'un nom fallacieux, et ils m'appelèrent serf au lieu d'esclave, comme m'avait désigné le Chauve.
Source : Gallica

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