Jean- Baptiste-André Grangeret de Lagrange

Résumé

Jean- Baptiste-André Grangeret de Lagrange Journal asiatique

Frappé de ce spectacle, Dhérar s’approche du cavalier qui portait des coups si formidables, le considère avec attention, et reconnaît sa sœur. Ô fille d’Al-Azwar, s’écrie-t-il, regarde-moi, je suis ton frère ! À ces mots, Khoulah s’élance vers Dhérar pour l’embrasser et s’entretenir avec lui. Ô ma sœur, dit Dhérar avec feu, il vaut mieux aujourd’hui combattre les infidèles, que de perdre le tems en de vains discours. Allons ! que nos chevaux, se précipitant ensemble, nous fassent jour à travers les bataillons des Grecs ; et que nos lances, poussées de front, se teignent de leur sang odieux.
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Pourquoi faut-il que la fortune inconstante nous ait éloignés l’un de l’autre ! Si jamais il revient à sa demeure chérie, je couvrirai de baisers les pieds de sa monture. Ô douleur ! puis-je oublier l’instant où il m’a été dit : Dhérar est dans les fers ; nous l’avons laissé sur le sol de l’ennemi, et nous lui avons dit un dernier adieu. Hélas ! les jours de l’homme ne sont qu’un prêt de peu de durée, et nous disparaissons comme une parole qui n’a point de sens.
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Dhérar se précipita sur eux frémissant de rage, et son glaive sut bien alors le venger de tous les maux qu’il avait soufferts. Chaque fois qu’il étendait un ennemi à ses pieds, il disait d’une voix terrible : Vengeance de Dhérar ! Pendant qu’il faisait un tel massacre des Grecs, il aperçut, non loin de lui, un cavalier musulman qui donnait des preuves signalées de sa bravoure. Seul il rompait, dispersait des bataillons entiers, et ne cessait de crier d’un ton plein de fureur : Vengeance de Dhérar !
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