“ L’Inde, dans tous les temps connus commerçante et industrieuse, avait nécessairement une grande police ; et ce peuple, chez qui Pythagore avait voyagé pour s’instruire, devait avoir de bonnes lois, sans lesquelles les arts ne sont jamais cultivés ; mais les hommes, avec des lois sages, ont toujours eu des coutumes insensées. Celle qui fait aux femmes un point d’honneur et de religion de se brûler sur le corps de leurs maris subsistait dans l’Inde de temps immémorial. Les philosophes indiens se jetaient eux-mêmes dans un bûcher, par un excès de fanatisme et de vaine gloire. ”
Citations de Chap. III. (Voltaire)
“ Longtemps avant Pilpay, les sages de l’Inde avaient traité la morale et la philosophie en fables allégoriques, en paraboles. Voulaient-ils exprimer l’équité d’un de leurs rois, ils disaient que « les dieux qui président aux divers éléments, et qui sont en discorde entre eux, avaient pris ce roi pour leur arbitre ». Leurs anciennes traditions rapportent un jugement qui est à peu près le même que celui de Salomon. Ils ont une fable qui est précisément la même que celle de Jupiter et d’Amphitryon ; mais elle est plus ingénieuse. Un sage découvre qui des deux est le dieu, et qui est l’homme [2] . ”
“ Nos maisons de carnage, qu’on appelle des boucheries, où l’on vend tant de cadavres pour nourrir le nôtre, mettraient la peste dans le climat de l’Inde ; il ne faut à ces nations que des nourritures rafraîchissantes et pures ; la nature leur a prodigué des forêts de citronniers, d’orangers, de figuiers, de palmiers, de cocotiers, et des campagnes couvertes de riz. L’homme le plus robuste peut ne dépenser qu’un ou deux sous par jour pour ses aliments. Nos ouvriers dépensent plus en un jour qu’un Malabare en un mois. ”
