Jules Lefèvre-Deumier

Jules Lefèvre-Deumier

Résumé

Portrait de Jules Lefèvre-Deumier Jules Lefèvre-Deumier Le Couvre-feu

Car je crois le tombeau, fort sourd de sa nature,
Et ce qu’on dit dessus, peut s’égarer dessous.
N’importe ! Ce foyer, où mon ombre avec vous
Restera, je me plais à l’arranger en rêve :
C’est là le paradis que la muse m’élève.
Quand vous aurez mon âge, et ne ferez plus rien
Que d’achever vos nids, où j’aurai fait le mien,
Je ne vous dirai pas qu’il faut, par gratitude,
Me lire tous les jours avec sollicitude
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Portrait de Jules Lefèvre-Deumier Jules Lefèvre-Deumier Le Couvre-feu

Ce qui fait par bonheur qu’on n’a jamais tout dit.
De mon livre égaré dans leurs mains peu dévotes,
Vos maîtresses, un jour, feront des papillotes
Peut-être : et, vous, amis, de vos doigts inhumains,
Peut-être au sacrilége aiderez-vous leurs mains ?
Ce sont là des délits, que mon cœur vous pardonne :
Le mal, fait au printemps, se répare à l’automne.
Ce qui m’affligerait, enfants, c’est de prévoir
Qu’à l’âge, où vous saurez ce que je crois savoir,
Votre oubli négligent laissera, sans rien dire,
L’herbe de mon tombeau pousser jusqu’à ma lyre.
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Portrait de Jules Lefèvre-Deumier Jules Lefèvre-Deumier Le Couvre-feu

Sous un ciel sans péril poursuit son sourd ravage ;
Et, victime du Nord, le navire infiltré
S’engloutit au soleil qui l’avait délivré.
Et cherchez maintenant le sens de ce symbole !
Vous en voyez plus d’un sous cette parabole.
Moi, celui que j’y vois, c’est que souvent, hélas !
Au sort qu’il a vaincu l’homme ne survit pas.
Le destin terrassé garde longtemps rancune.
Qu’on laisse prendre au cœur le pli de l’infortune !
Le salut vient trop tard : et, sourdement blessé,
On meurt, en plein bonheur, de son malheur passé.
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