Résumé

L. Hardant Étude sur l'origine du mal dans Leibniz (1877)

Mais ces objections supposent une chose, c'est que Dieu est libre, qu'il dépend de lui de créer ou de ne pas créer le monde idéel et idéal que conçoit son entendement. Et c'est ce que dit Leibniz quand il donne à Dieu la liberté. Mais nous avons vu que l'homme est si mal partagé sous ce rapport qu'il serait bien étonnant que le Créateur plus parfait que sa créature ne fut pas sous le joug d'une nécessité encore plus achevée. Et en effet bien que Leibniz maintienne en Dieu la liberté, il est visible que Dieu n'est en réalité pas plus libre de ses actes que nous ne le sommes des nôtres.
Source : Gallica

L. Hardant Étude sur l'origine du mal dans Leibniz (1877)

Un jour en effet l'homme est mis à l'épreuve, appelé à prendre véritablement conscience et de lui et de la volonté de son Dieu. Le commandement est donné, mais pour sa honte et son malheur, par je ne sais quel mystère de folie, c'est dans la désobéissance que l'homme se reconnaît, conquiert sa personnalité, c'est par le mal qu'il commence l'essai de, sa liberté, c'est dans la lutte contre le Père qu'il s'engage; au lieu de rester uni à lui par l'amour et l'obéissance. Le Dieu chrétien n'est donc point auteur dumal, mais c'est la liberté de sa créature.
Source : Gallica

L. Hardant Étude sur l'origine du mal dans Leibniz (1877)

La chute devient pour eux la sombre tragédie qui a troublé l'ordre et l'harmonie que Dieu avait rêvés pour le bonheur de sa créature, vicié la vie même de l'homme et porté l'inimitié entre Dieu et l'humanité coupable. Leibniz semble avoir entrevu le caractère vraiment positif du mal quand il compare ses effets à l'explosion d'une arme à feu par la congélation de l'eau, mais ce n'est là qu'une exception dans le système, et conséquent avec ses principes Leibniz ne cesse de répéter que le mal est loin d'être aussi odieux qu'on se plaît à le répéter.
Source : Gallica

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