Résumé

Les Mémoires de Badinguet par E. Ramier (1869)

L'un corrompt, démoralise la société pour mieux l'asservir; l'autre l'asservit sans ménagement, sans égards, mais aussi sans amener cette corruption dissolvante.
La royauté a duré huit siècles, et cependant elle n'a pu empêcher 89 et 93, ces grandes revendications de la liberté humaine ; l'empire ne durerait pas deux siècles sans amener la barbarie.
Malgré cela, admettons que l'empire soit une bonne chose; nions un instant son influence funeste. Je dirais encore : oui, dans les circonstances présentes l'empire est impuissant pour le bien ! Parti d'un crime, il ne peut aboutir qu'à un crime.
Source : Gallica

Les Mémoires de Badinguet par E. Ramier (1869)

Aucun pouvoir, a dit Montesquieu, n'est plus tyranniqueque celui qui vient après une république, parce que, succédant au peuple, il en prend tous les droits, lesquels sont illimités.
L'empire de Décembre, venant après la République de 48, semble avoir voulu prendre à tâche de justifier ces paroles du profond penseur.
A lui, il se croit tout permis, le bon comme le mauvais, le juste comme l'injuste.
Privée de la liberté de la presse, de la liberté d'association et de toutes les autres libertés, en proie à la police et aux délations, la France n'est plus qu'un grand corps sans âme.
Source : Gallica

Les Mémoires de Badinguet par E. Ramier (1869)

Mais il est d'autres héros du crime vis-à-vis desquels la loi se trouve impuissante et qui savent se mettre au-dessus de la loi elle-même.
Ce sont ceux dont le secret est d'attacher à leur infamiemille intérêts et de se faire mille complices. Alors, bandits de la civilisation, ils se posent en travers sur la grande voie du progrès, et soudain, au détour de la route, ils apparaissent, le pistolet au poing, aux yeux étonnés d'un grand peuple, dont ils égorgent la liberté.
Source : Gallica

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