Paterne Berrichon

Paterne Berrichon

Résumé

Portrait de Paterne Berrichon Paterne Berrichon La Revue blanche

S’il est à Charleville, ce n’est pour longtemps. On dirait qu’il a pris goût au malheur : il veut connaître l’opprobre, la honte ; tout ce qui fait souffrir les hommes, tout ce qu’ordinairement ils exècrent, il souhaite de le vivre. Il jouira tout le mal et tout le bien. Il aspire à la perfection, à une totalité d’humanité ; cela naturellement, instinctivement, sans que sa modestie de sorte étrange se rende compte qu’ainsi il se divinise.
C’est pendant la Commune qu’Arthur Rimbaud échoua une troisième fois dans la capitale.
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Le public, s’il n’était aussi sceptique et ne voulant penser jusqu’au fond, s’il n’était accoutumé de boniments et de fausses complaisances, le public, disons-nous, par ce qu’en a écrit Verlaine, connaîtrait Rimbaud, ce géant à face d’ange en exil, ce très grand poète dont la vie « est toute en avant dans la lumière et dans la force » et qui mourut dans « son vœu bien formulé d’indépendance et de haut dédain de n’importe quelle adhésion à ce qu’il ne lui plaisait pas de faire ni d’être ».
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Uniquement il désigne une puissance réelle de création, supérieure et surprenante, devant quoi il est légitime et normal de s’agenouiller. Et qu’on n’aille pas, non plus, sur notre façon d’opiner crier au paradoxe ! Pour notre garantie, la vie d’Arthur Rimbaud est là, dont nous allons livrer l’ordre et la logique divins.
N’était-il pas déjà marqué de toute force, l’enfant de seize ans qui, sans jamais avoir vu la mer, la crée énorme et vivante par ce Bateau ivre où fulgure cette titanesque ingénuité :
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir ?
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