“ Ce ne fut pas une douleur pour Elsa. Il lui laissait une âme en paix, pleine de morales suaves et de grands désirs de bonté. Depuis, dans les années, il n’y eut plus, à ses yeux, d’autre apparition d’homme. En accomplissant des œuvres humanitaires, elle croit que Ludwig de Gotha, pour avoir éprouvé dans la mort la tristesse de laisser à l’épouse une image déchue, voulut la récompenser du regret qu’elle finit par ressentir, et se montra, de la sorte, sous une apparence plus royale. ”
Citations de Les Deux Rois (Paul Adam)
“ « Madame, dit Davidson à Elsa, voici nos victoires à nous. Nous empêchons la marche de la Mort. » Sa joie était belle d’avoir triomphé. Elsa comprit l’erreur des traditions, celle de son règne, celle de toute la vieille Europe barbare. Vraiment Davidson lui parut un Parsifal réel, venant élever sur les peuples, le graal de paix. « Il ne convient pas de haïr, ni de tuer, répétait-il, mais de vivre facilement. » ”
“ Elsa le revit encore, cavalier domptant une bête de race, et qui passait dans un galop. Ensuite, elle le sut, cette province civilisée par Davidson valait trois fois en étendue la pauvre Béotie, que tant de rois ne tiraient pas d’une barbarie misérable, malgré un illustre passé et les ressources des diplomaties. Elle se le fit présenter, dans un salon mixte : car, depuis sa rencontre, la vision du mort ne la pourchassait plus, comme si le but de cette persécution eût été atteint. Il lui parut franc et muni de cette aise que donne à l’homme fier l’indépendance d’une fortune considérable. ”
