Philibert Audebrand

Philibert Audebrand

Résumé

Portrait de Philibert Audebrand Philibert Audebrand Derniers jours de la Bohème

En cinq ans, il a vieilli dans la proportion d’un quart de siècle. Le feu du génie s’est assoupi. Coiffé d’un chapeau de paille pour se garantir du soleil dardant sur ce roc pelé de Sainte-Hélène, il n’existe plus que d’une vie végétative. Il dit au général Bertrand : « J’ai perdu mon regard d’aigle. » Il a tout perdu depuis qu’il n’a plus à contrecarrer qu’un geôlier, sir Hudson Love. Il a presque la figure atone d’un bourgeois de la rue du Sentier, qui s’est retiré des affaires pour aller planter ses choux à Bougival, auprès d’Emile Richebourg.
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Dans son dernier numéro de novembre, l’intéressante petite revue, l’Intermédiaire des Chercheurs, parle assez longuement du comte Léon, mais sans faire le portrait de cette curieuse individualité. C’est donc qu’ils ne l’ont pas vu. Et pourtant, pendant de longues années, aucun homme ne se montrait plus volontiers en plein jour sur le pavé de Paris.
Je l’ai déjà dit, il était grand. Pour le reste c’était Napoléon tout craché. Un Napoléon avec des allures de géant, cette particularité déroute singulièrement les regards de la foule ; néanmoins, rien n’est plus vrai.
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Napoléon Lespès. Nul n’aurait osé soupçonner ce que nous réservait un prochain avenir. Je le répète parce que c’est vrai : la mode était ou d’oublier le dieu ou de se moquer de lui.
En ce temps-là, au Corsaire, journal d’avant-garde, sorte de moniteur de la moquerie, débutaient dix ou douze prosateurs ou poètes, les illustrations de l’avenir. Au milieu d’eux se voyait Théodore de Banville, alors à peu près inconnu, mais très intrépide farceur sous sa pâle figure de pince-sans-rire.
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