Pierre-Jacques-René Denne-Baron

Résumé

Pierre-Jacques-René Denne-Baron Poésies diverses

L’Amour par nos tourmens ne se peut adoucir !
Adieu, nymphes des bois ! adieu ! vous pouvez fuir ;
Les nymphes, les chansons n’ont plus pour moi de charmes !
Ce dieu serait toujours insensible à mes larmes
Quand j’irais près des monts, dans la Thrace entassés,
De l’Hèbre impétueux boire les flots glacés ;
Quand j’irais, à travers une arène brûlante,
Conduire des troupeaux sous cette zone ardente
Où l’orme desséché meurt sous les feux du jour.
L’Amour subjugue tout, et je cède à l’Amour.
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Pierre-Jacques-René Denne-Baron Poésies diverses

Je donne un bal, passe-tems agréable ;
Bien plus, il est masqué. J’espère vous y voir
Lorsque le jour plus faible amènera le soir.
On peut se déguiser en ces tems de folies
Le masque cache tout ; la plus laide est jolie,
Et l’homme le plus faux, d’un air de vérité,
Sous un masque trompeur vante sa probité.
À sept heures chez moi je veux que l’on se rende.
— Ce bal au Mardi-Gras est sans doute une offrande ?
— Oui ; j’aime qu’on s’amuse. Adieu ; portez-vous bien :
Vous qui suivez les bals, ne manquez pas au mien.
Il n’est rien qu’en ces tems le plaisir n’assaisonne.
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Pierre-Jacques-René Denne-Baron Poésies diverses

Aussitôt sur ses pas chacun court et l’honnore.
« Hé quoi ! vous préférez un repas à ma cour !
Comment ! ne suis-je plus l’ame de ce séjour ?
Nous dit-elle : à mon art partout on rend hommage ;
J’égaie et j’embellis les charmes du bel âge,
Je fixe les plaisirs. Venez, jeunes beautés ;
Vous faites l’ornement de ces lieux enchantés ;
À commencer le bal c’est moi qui vous invite. »
À sa voix chacun court, vole, et se précipite.
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