Sarah Orne Jewett

Sarah Orne Jewett

Résumé

Portrait de Sarah Orne Jewett Sarah Orne Jewett Revue des Deux Mondes

Ils descendirent les degrés deux par deux et se mirent en ligne, comme si personne ne les eût regardés ; leurs brèves évolutions ressemblaient à l’accomplissement d’un rite mystique. Les deux boiteux s’obstinèrent à marcher de leur mieux, mais le pauvre Martin Tighe, plus infirme encore, fut porté dans la meilleure charrette de Henry Merrill, où il se tint droit et martial avec son gars pour conducteur. Il y avait, devant lui, planté à la place du fouet, un petit drapeau qui flottait au vent. N’étant pas sorti depuis si longtemps, Martin par sa seule apparition en plein air excitait l’intérêt
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Les figures vénérables des hommes, la camaraderie renouvelée, le battement plus vif des cœurs qui se souviennent, l’attendrissement de ceux qui sont remis en présence de quelque ancienne douleur, toutes ces raisons rendent la solennité à la fois plus belle et plus triste. Chacun était donc ému, sans trop savoir pourquoi, en écoutant les notes aigres du fifre se mêler au roulement incessant du tambour sur la tranquille route de Barlow, pendant que marchait cette poignée de vieux soldats. Nul ne pensait à eux comme à de simples voisins
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Quand les hommes approchèrent, elle redressa sa taille courbée avec toute la vigueur de la jeunesse. Le fifre et le tambour s’arrêtèrent soudain, le drapeau s’inclina. Elle n’y prit pas garde, mais ses yeux éteints eurent un dernier éclair et puis se remplirent de larmes lorsque le même salut fut fait aux tombes des soldats.
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