“ Je connaissais donc déjà mes notes, et je fis d’assez rapides progrès avec mon nouveau professeur; mais au bout de quelque temps notre zèle se ralentit de part et d’autre. Nous commencions par jouer le plus fort que nous pouvions, en nous serrant contre la lucarne, pour que ma tante nous pût mieux entendre; puis, insensiblement, nous allions decrescendo, piano, pianissimo, et les fifres étaient bientôt mis de côté pour le reste de la leçon. Alors quelles bonnes causeries à voix basse, comme si nous eussions craint d’être écoutés! Lavrard me disait qu’il était de loin, de bien loin. ”
Fifre
Définition et enjeux
Citations sur “fifre”
Louis Reybaud,
Les Aventures d'un fifre
“ On détacha Roquet de dessus sa fatigante monture: on le convia au repas commun, qui se composait de dattes et de galettes desséchées. Ce que c'est que la nature humaine! Dès que le fifre put respirer plus à l'aise, l'appétit lui revint, et il fit à l'ordinaire des Bédouins plus d'honneur qu'on n'aurait dû s'y attendre. Ce retour fut compris par le cheik, qui témoigna dès lors plus d'égard à son prisonnier. On lui épargna le supplice que causent les allures du chameau à ceux qui n'y sont pas habitués; on lui donna à monter un fort joli cheval. ”
Alphonse de Lamartine,
Fior d’Aliza
“ C’est l’habitude du pays de Lucques, quand la noce des paysans est riche et la famille respectée, qu’un musicien, soit fifre, soit violon, soit hautbois, soit musette, soit même tambour de basque, se tienne debout sur le devant du char à bœufs et qu’il joue des aubades, ou des marches, ou des tarentelles joyeuses en l’honneur des mariés et des assistants. ”
“ La vapeur siffle, le fifre redouble ses petites notes, pressées, joyeuses, encourageantes, la volée de la grue s’abaisse pareille à un grand cou d’oiseau, saisit la machine dans son bec recourbé, et l’enlève lentement, lentement, par soubresauts. À présent elle domine la foule, l’usine, Indret tout entier. Là, chacun peut la voir et l’admirer à son aise. Dans l’or du soleil où elle plane, elle semble dire adieu à ces halles nombreuses qui lui ont donné la vie, le mouvement, la parole même, et qu’elle ne reverra plus. ”
Charles Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de l'homme… (1874)
“ Le propre de la fibrine est de passer à l'état solide partout où elle se forme et aussitôt. Ce fait s'observe une heure après la mort chez les chiens, plus tard chez l'homme, plus tard dans les veines que dans les artères. Ces phénomènes ont lieu dans tout vaisseau qui ne revient pas sur lui-même, tels que l'artère pulmonaire, l'aorte non rétractée, les gros et les petits vaisseaux des os, de la moelle, de la piemère et de l'encéphale, où la fibrine forme un réseau fibrillaire remarquable, avec globules sanguins saisis dans ce réseau. ”
Tony Moilin,
Leçons de médecine physiologique
(1866)
“ C'est pour cette raison que le sang de la fièvre est habituellement recouvert d'une couenne. PHLEGMASIES ET PYREXIES. — Pour que la fièvre accroisse la fibrine du sang, il faut une condition indispensable : il faut que les fibres musculaires jouissent d'une santé parfaite et qu'elles produisent de la fibrine comme à l'état normal. Si eu effet le tissu des muscles est malade, s'il a cessé de fabriquer de la fibrine, il est clair qu'il ne pourra pas céder à la lymphe et au sang un principe qu'il n'a pas luimême. ”
Paul Broca,
Des Anévrysmes et de leur traitement…
(1856)
“ Cela posé, personne n'ignore que la fibrine du sang, pour conserver l'état liquide, a besoin de mouvement. Lorsque le sang, par une cause quelconque, est tenu en repos, la fibrine se solidifie, forme un réseau qui emprisonne les globules, et constitue un caillot friable et coloré, comme celui qui se sépare du sérum après la saignée. Cette coagulation simultanée de la fibrine et des globules a lieu lorsque le sang est en repos complet, ou lorsqu'il ne se meut que très-lentement. ”
Georges Froin, Faisceau énergétique et biologie… (1937)
“ A) Coagulation proprement dite. — Dans une première phase, toutes les particules du fibrinogène s'étirent, s'allongent (axe magnétique) et s'adossent (axe noctonique) en aiguilles de fibrine visibles au microscope, constituant des amas progressivement massifs, dirigés en tout sens. Comme les axes noctoniques et magnétiques travaillent à froid, dès que l'eau le permet, c'est-à- dire à partir de 4°, la coagulation du fibrinogène colloïdal en fibrine texturale s'accomplit. Le sang complet est transformé en un bloc solide rouge, enfermant les globules rouges et blancs avec le plasma. ”
Antonin Bossu, Anthropologie, ou Étude des organes… (1873)
“ La fibrine a une tendance naturelle à la formation solide : incessamment formée dans le sang, elle est incessamment exhalée hors des vaisseaux avec le liquide albumineux qui la contient, et elle se coagule spontanément hors des vaisseaux, devenant ainsi le point de départ des phénomènes d'organisation. La fibrine constitue-t-elle l'élément générateur de tous les tissus, ou mieux ceux-ci passent-ils tous par l'état intermédiaire de ce principe ? On ne peut l'affirmer; et il est à croire, au contraire, que quelques-uns procèdent directement de l'albumine que le plasma exhalé contient. ”
Raphaël Dubois, Leçons de physiologie expérimentale (1900)
“ Le corps qui prend naissance par l'action du fibrin-ferment sur la matière fibrinogène et les sels de calcium porte le nom de fibrine : elle se forme en filaments nombreux, emprisonnant dans leurs mailles les globules qui n'ont pas le temps de se déposer. Pendant la formation de la fibrine, si on bat le sang avec un petit balai, les filaments s'attachent et on obtient un liquide désormais incoagulable spontanément, formé du sérum et des globules : c'est le sang défibriné. ”
Amédée Bonnet, Lettres adressées à M. Dumas, membre de l'Institut… (1846)
“ Les faits chimiques prouvent qu'elles jouissent de la propriété de dissoudre la fibrine. Si cette propriété concourt essentiellement à les rendre résolutives, le nitrate de potasse, dissolvant très actif de la fibrine, pourrait aussi être employé pour dissoudre les tumeurs. Dans tous les cas, on distinguerait entre tous ces résolutifs ceux qui n'agissent que sur la fibrine, comme l'iodure de potassium, le sel marin, le nitrate de potasse et ceux qui dissolvent tout à la fois la fibrine et les globules du sang , comme le chlorhydrate d'ammoniaque. ”
Maurice Arthus, Précis de chimie physiologique… (1913)
“ Ce fibrinferment dédouble le fibrinogène dissous dans le plasma sanguin en deux substances : l'une qui se précipite, la fibrine, l'autre qui reste en solution dans le sérum, la fibringlobuline. 11. Il existe des substances capables d'empêcher l'action du fibrinferment sur le fibrinogène. Lorsqu'on injecte dans les vaisseaux veineux du chien certaines substances, dont les principales sont les protéoses, le sérum d'anguille, certains venins, en général des protéines toxiques, on rend le sang non spontanément coagulable. ”
François Magendie,
Rapport fait à l'Académie des sciences…
(1841)
“ Il est vrai que la fibrine extraite du sang diffère sous plus d'un rapport de la fibrine des muscles; elle n'est point organisée, elle n'a point les principes sapides et odorants que la viande cède au bouillon; elle n'est pas intimement mélangée de vaisseaux, de nerfs et de cellulosité; enfin elle est privée des sels alcalins, terreux et du fer, qui se retrouvent dans le tissu musculaire. ”
François Xavier Dirr, Guide pratique pour constater les falsifications du lait (1875)
“ La caséine est dissoute dans la partie séreuse du lait. (1) L'albumine est la partie blanche de l'œuf. (2) La fibrine se trouve dans l'économie sous deux aspects, liquide et solide. Sous ce dernier elle constitue essentiellement la chaire musculaire ; sous le premier, elle se trouve dans le sang, le chyle et la lymphe. La fibrine est une substance d'un blanc légèrement grisâtre, sans odeur ni saveur et très-élastique. ”
Charles Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de l'homme… (1867)
“ Ces principes non cristallisables, mais coagulables, existent toujours à l'état liquide dans l'économie. La fibrine et l'albumine en sont des exemples dans les humeurs constituantes, comme le sang et la lymphe ; la pancréatine et la ptyaline en sont des exemples pour les humeurs qui appartiennent au groupe des produits. Ce fait est important, parce qu'on a l'habitude de dire que la fibrine est en dissolution dans le sérum sanguin, ce qui n'est pas exact ; car l'état naturel de la fibrine est l'état liquide ”
Paul Schützenberger,
Chimie appliquée à la physiologie animale…
(1864)
“ La fibrine du sang est le principe qui se sépare spontanément après la saignée. Tous les procédés d'analyse quantitative de la fibrine reposent donc sur sa coagulation inévitable; dans les uns on bat le liquide issu de la veine, la fibrine se sépare sous forme de flocons plus ou moins volumineux sans emprisonner beaucoup de cellules ”
Paul Schützenberger,
Chimie appliquée à la physiologie animale…
(1864)
“ Au sortir de la veine, le sang se partage spontanément : 1° En fibrine coagulée ; 2° En globules emprisonnés ou non dans le caillot, selon les conditions de la coagulation. 3° En un liquide ordinairement transparent, le sérum ; dans le sang vivant, la fibrine se trouve en solution dans le sérum. Avant sa coagulation, il est opaque, d'un rouge plus ou moins foncé, d'une densité moyenne de 1,056; son odeur est fade et caractéristique, sa consistance un peu épaisse. Au microscope on y remarque des globules, colorés pour le plus grand nombre, nageant dans un liquide clair. ”
Charles Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de l'homme… (1874)
“ Quand on a rassemblé la fibrine par un battage à l'aide d'une baguette de verre, et que l'on a recueilli sur un tissu de soie la fibrine déposée dans les douze premières heures, par exemple, si l'on a eu le soin de conserver le liquide clair, limpide, on s'aperçoit que la fibrine continue de s'en séparer, et que, si cette matière est abondante, elle fait de nouveau coaguler la masse entière de la sérosité, ou tout au moins lui donne une consistance de gelée plus ou moins fluide. ”
Maurice Arthus, Précis de chimie physiologique… (1913)
“ Comment le sang coagule-t-il hors des vaisseaux ? Fibrine de battage : propriétés de la fibrine. Substances albumineuses du sérum. La fibrine ne préexiste pas dans le plasma. Elle se forme aux dépens du fibrinogène du plasma. Relations entre le fibrinogène et la fibrine. La coagulation du sang est un phénomène de fermentation diastasique. Origine du fibrinferment. Rôle des sels de chaux dans la coagulation du sang. — Les réactifs du fibrinferment. III. SUCRE DU SANG. — Le sang contient une substance dextrogyre, réductrice, fermentescible. ”
B.-A. Guillaumont, Etude chimique du sang de l'homme… (1845)
“ Enfin on prouve dans les globules du sang l'existence d'une petite quantité de fibrine parfaitement indépendante de la fibrine du sérum , de la manière suivante. On bat le sang d'une saignée pour en retirer toute la fibrine , et on le passe à travers un linge. On isole ensuite les globules sur un filtre à l'aide du sulfate de soude. Les globules restés sur le filtre sont alors redissous dans l'eau, et la liqueur rouge qui en résulte après 24 heures de repos, laisse déposer des floconsrougeâtrès en petite quantité qui, lavés sous un filet d'eau ont les caractères de la fibrine. ”
P Batigne, Éléments de gynécologie, par le Dr P. Batigne… (1911)
“ SYMPTOMATOLOGIE. — Nous avons vu en étudiant l'accroissement des fibromes, qu'ils se développent soit en dehors de l'utérus, soit au contraire, du côté de sa cavité. — Or il est tout naturel de penser que la symptomatologie doit forcément se ressentir de ces évolutions opposées, et que lorsque le fibrome devient sous-péritonéal il s'accuse par des signes fonctionnels qui ne ressemblent pas à ceux qui accompagnent le développement sous-muqueux. VOYONS D'ABORD LES FIBROMES SOUS-PÉRITONÉAUX ! — S'ils sont très petits, ils peuvent ne point se révéler et rester absolument silencieux. ”
Mathias Duval, Anatomie et physiologie animales (1892)
“ De cette albumine, une faible partie (2 à 3 grammes pour un litre de sang) est spontanément coagulable : c'est la fibrine. L'autre partie (70 à 75 grammes pour i litre de sang) est l'albumine proprement dite, qui ne se coagule que par la chaleur ou les réactifs. Fibrine. — La fibrine est la cause ou, pour mieux dire, le produit de la coagulation du sang, c'est-à-dire de ce phénomène par lequel, dès sa sortie des vaisseaux, le liquide sanguin se solidifie en une masse qui présente l'aspect d'une gelée. ”
Tony Moilin,
Leçons de médecine physiologique
(1866)
“ La fibrine qui est contenue dans le sang n'est pas toujours la même, mais elle est constamment renouvelée. A chaque instant, alors qu'elle est encore liquide, mais qu'elle va se coaguler, elle traverse les parois des capillaires, elle transsude dans les tissus, et elle est remplacée dans le sang par de la fibrine nouvelle encore éloignée du moment où elle se coagulera. On comprend maintenant pourquoi la fibrine du sang est toujours liquide, c'est qu'elle n'est jamais la même ”
Louis Bériel, Éléments d'anatomie pathologique par le Dr L. Bériel… (1910)
“ A la surface des séreuses elle forme, en petite quantité, une couche extrêmement mince, grenue, qui produit comme un dépoli de la surface normalement lisse et brillante ; en plus grande abondance, elle forme des couches plus ou moins épaisses, jaunâtres, disposées différemment suivant les séreuses. FIG. 15. — Fibrine dans le tissu pulmonaire enflammé (coupe au niveau d'un interlobe; grossissement moyen) . P., P., coupe de la plèvre de deux lobes voisins. Entre eux, dans l'interlobe, réseau fibrillaire de fibrine (fi.) ; — f.a., fibrine fibrillaire dans les alvéoles pulmonaires. ”
Émile Küss,
Cours de physiologie, d'après l'enseignement du professeur Küss…
(1879)
“ Ainsi donc cette fibrine ne vient pas du dehors, elle se forme dans l'organisme, et l'étude des circonstances où sa proportion augmente prouve qu'elle constitue une sorte de déchet organique. En effet, le sang qui revient d'un muscle est d'autant plus riche en fibrine que le muscle a plus travaillé, qu'il vient par exemple d'être soumis à la galvanisation. La fibrine est donc bien déjà une forme excrémentitielle des produits de nutrition des tissus, se rencontrant avec d'autant plus d'abondance que le tissu a une nutrition plus active. ”
Georges Froin, Faisceau énergétique et biologie… (1937)
“ Vient-on, comme dans les vaisseaux normaux, à entraver le passage des lignes photoniques à travers le verre, à l'aide d'une couche de paraffine, l'équilibre nocto-photo-magnétique du plasma normal n'est pas troublé et le fibrinogène ne se coagule pas. Refroidi rapidement à 0°, le sang ne coagule pas, parce que les lignes photoniques sont inertisées sur les molécules du dihy- drol, tenant le fibrinogène en suspension, et nous allons voir qu'il faut le consensus de la matière minérale aqueuse pour permettre la précipitation de la particule organique fibrinogène en fibrine. ”
Augustus Désiré Waller, Éléments de physiologie humaine (1898)
“ Pour avoir du sérum, il n'y a donc qu'à laisser coaguler du sang fraîchement tiré. Pour avoir de la fibrine on soumet le sang qu'on vient de soutirer au battage avec un faisceau de branches sèches, exactement comme on procède pour « fouetter » la crème ; la fibrine adhère aux branches, s'y accumule, forme une grappe intensément rouge à cause des hématies qu'elle renferme ; on la lave alors en la plaçant sous un robinet ouvert et en la malaxant dé temps en temps, jusqu'à ce qu'elle soit devenue presque blanche. ”
Oscar Israel,
Traité pratique d'histologie pathologique
(1891)
“ Les épanchements peu abondants qui se forment à la suite d'un processus inflammatoire (1) n'offrent au microscope que des cellules et de la fibrine à la condition qu'elle soit coagulée. Ces coagulations peuvent se former dans les cavités naturelles, dans l'intimité des tissus ou à la surface des organes. Pour se séparer, la fibrine prend différentes formes ; tantôt c'est un feutrage à fibrilles très fines, peu réfringentes et qui ne sont souvent visibles qu'à de forts grossissements ; tantôt ce sont de grandes quantités de granulations fines ”
Paul Maisonneuve, Zoologie, anatomie et physiologie animales… (1897)
“ La fibrine existe dans le sang, dans là chair musculaire. L'organisme vivant la contient en dissolution, mais elle se coagule promptement dans le sang retiré des vaisseaux. S'il est vrai que les substances albuminoïdes dominent dans le règne animal, il ne faut pas croire qu'elles lui appartiennent exclusivement, car le règne végétal en présente aussi. Dans les graines, par exemple, on trouve de l'albumine tout à fait semblable à celle du blanc d'oeuf, et aussi de la caséine, laquelle porte alors le nom de légumine. ”
Charles Forget,
Doctrine des éléments basée sur les exigences de la pratique
(1852)
“ Bien que la chimie moderne ait la prétenlion d'avoir matériellement démontré la diminution de la fibrine du sang dans les fièvres dites essentielles, l'expérience a prouvé que les agents réparateurs de la fibrine, le régime animal en particulier, sont formellement contre-indiqués, en dépit de la théorie. ”
