“ Mon oncle lui-même s’en apercevait, et, bien qu’il fût d’un naturel peu endurant, il pardonnait tout à Lavrard en faveur de son talent. — Brave homme, que la terre lui soit légère ! C’était l’artiste le moins jaloux qui fût jamais. Il prônait partout sa fameuse acquisition. De jeunes amateurs s’adressaient à lui pour qu’il décidât Lavrard à leur donner des leçons, et, quoique mon oncle jouât lui-même très passablement du fifre, il les conduisait chez son subordonné et insistait, comme un père l’eût pu faire, pour qu’il consentit à s’enrichir. ”
Camille Fistié
Résumé
“Le Fifre”, est une œuvre de Camille Fistié. Des thèmes tels que Lavrard, fifre ou l'oncle y sont abordés.
Citations de Le Fifre (Camille Fistié)
“ Je me souviens bien de la réponse, car elle fit une révolution en moi. — Mes parens sont morts; je suis seul. — Eh bien ! dit mon oncle, voilà Chinois, notre neveu, qui se trouve dans le même cas. — Était-ce à son nouvel élève, ou à l’orphelin comme lui, que Lavrard, — ainsi se nommait le soldat, — vint alors donner une poignée de main? — C’en était fait de ma vie passée! J’allais avoir un professeur, un professeur de musique! un professeur pour moi tout seul ! Chaque jour un vivant viendrait prendre la place de ma taciturne tante! ”
“ Durant quinze jours, je fus privé de voir Lavrard, quinze jours pendant lesquels le cœur me manqua. Soir et matin, j’épiais la sortie de l’aide-major : — Eh bien ! docteur? — Il va mieux, il va mieux, me répondait-il. — Les docteurs rassurent toujours, même quand ils n’espèrent plus, — observa ma tante. Mon oncle, et j’en étais bien touché, prenait sa part de mon tourment. Il tenait moins en place que jamais. — L’agitation, nous disait-il, le chassait du logis. — Moi, qui ne sortais pas de la caserne, errant tout le jour aux abords de l’hôpital, le temps me parut désespérément long. ”
