Hégésippe Moreau,
Le Neveu de la Fruitière
“ Le père Lazare, voyez-vous, était un de ces cuisiniers renforcés et fanatiques, qui regardent leur métier comme le premier de tous, comme un art, comme un culte, dont la main est posée fièrement sur un couteau de cuisine comme celle d’un pacha sur son yatagan ; qui dépouille une oie avec l’air solennel d’un hiérophante consultant les entrailles sacrées, battent une omelette avec la majesté de Xerxès fouettant la mer ; qui blanchissent sous l’inamovible bonnet de coton, et tiendraient volontiers, en mourant, la queue d’une poêle, comme les Indiens dévots tiennent, dit-on, la queue d’une vache. ”
