s:fr:Anna de Noailles

Résumé

s:fr:Anna de Noailles Les innocentes

La violence que suscite l’amour trahi, ces bonds de l’âme qui soulèvent le corps et le précipitent sur des abîmes d’horreur où l’on reste suspendu, sans qu’aucune force naturelle nous entraîne hors de cette chambre hideuse et sans péril jusqu’au repos de la tombe, il est, Dieu merci, des médicaments qui les apaisent, qui les endorment, et l’on peut connaître la torpeur.
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s:fr:Anna de Noailles Les innocentes

Mais de quelle force aussi, compensant le temps trop bref accordé à l’expansion délirante, nous exerçons la turbulence et la voracité, nous implantons dans notre cœur l’éphémère, nous prenons possession du palpable, du délectable, du visible et de l’invisible, comme un mouleur rapide et passionné qui voudrait garder toute l’empreinte d’un cadavre ! La passion des amantes a quelque chose de sacré par sa communication immédiate avec les périls et la mort.
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s:fr:Anna de Noailles Les innocentes

Dans ces rapides rencontres de l’hiver où ceux qui se rejoignent par passion étreignent sur eux une saison ruisselante de soleils et de laves ; dans ces belles heures longues et chaudes de l’été, où les êtres réunis se reposent comme Ève et Adam, dans un état de force et de paix qui établit pour chaque couple, au fond des chambres, la richesse tranquille du Paradis Terrestre
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