Résumé

Édouard Le Corbeiller Bulletin de la Société de géographie

Les Dieppois n’instruisirent pas le gouvernement d’une découverte si importante, de laquelle il n’avoit nulle idée ; ils n’avoient que trop d’expérience du peu de cas qu’il faisoit du commerce maritime ; ils résolurent donc d’en profiter seuls, à l’exclusion de toute autre nation. Ils armèrent à cet effet plusieurs navires pour les grandes Indes, dont Descaliers leur assuroit l’accès possible, par la facilité trouvée de tourner l’Afrique.
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Cousin, sur la hauteur prise de cette terre, comprit qu’il falloit, pour gagner le dessus de la côte d’Adra, faire route vers le pôle du midi, en courant sur l’est ; à ce moyen il fit le premier la découverte de la pointe d’Afrique ; il donna le nom des Aiguilles à un banc qu’il y observa. Ce jeune capitaine ayant pris note des lieux et de leur position, revint aux côtes de Congo et d’Adra, où il fit des échanges de ses marchandises, et arriva à Dieppe dans le courant de 1489.
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Descaliers assura ce capitaine du succès de cette entreprise s’il faisoit attention aux observations qu’il lui laissoit par écrit, et à la vraie position de l’Inde qu’il lui donnoit. Cousin s’étoit trop bien trouvé de ses leçons pour ne pas s’y conformer ; ce marin tint le milieu des mers entre l’Afrique et l’Amérique qu’il avoit découverte, tourna le cap d’Afrique, qu’il avoit nommé des Aiguilles, et que les Portugais nommèrent cap de Bonne Espérance, et toucha aux grandes Indes, où il fit les échanges les plus avantageux. Il revint à Dieppe environ deux ans après son départ.
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