Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Moines

Envoient vers Dieu les chants du soirs en ambassades
Pour qu’il soit tout pardon aux gueux chrétiens malades
Et qu’ils meurent les yeux tournés vers le Seigneur.
MOINE SAUVAGE
On trouve encor de grands moines que l’on croirait
Sortis de la nocturne horreur d’une forêt.
Ils vivent ignorés dans de vieux monastères,
Au fond du cloître, ainsi que des marbres austères.
Et l’épouvantement des grands bois résineux
Roule avec sa tempête et sa terreur en eux.
Leur barbe flotte au vent comme un taillis de verne,
Et leur œil est luisant comme une eau de caverne.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Moines

Ces arbres vont — ainsi des moines mortuaires
Qui passeraient, le cœur assombri par les soirs,
Comme jadis partaient les longs pénitents noirs
Péleriner, là-bas, vers d’anciens sanctuaires.
Et la route d’amont toute large s’ouvrant
Sur le couchant rougi comme un plant de pivoines.
À voir ces arbres nus, à voir passer ces moines,
On dirait qu’ils s’en vont ce soir, en double rang,
Vers leur Dieu dont l’azur d’étoiles s’ensemence
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Moines

Et la rougeur des soirs tragiques et houleux ;
Tu feras de clartés et de splendeurs ta robe,
Ta chair sera pareille aux marbres fabuleux,
Qui chantaient, aux déserts, des chansons grandioses,
Quand le matin brûlait leurs blocs d’apothéoses.
V
Hiératiquement droit sur le monde, Amour !
Grand Dieu, vêtu de rouge en tes splendeurs sacrées,
Vers toi, l’humanité monte comme le jour,
Monte comme les vents et comme les marées
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