Jean Psichari,
Cadeau de noces
(1893)
“ Oui ! moi aussi j'ai rêvé d'un amour unique, éternel et complet. Je sais qu'il ne m'était point promis. Elle ne m'a pas trompé. Elle ne m'a pas dit, le soir suprême du dernier aveu, elle ne m'a pas dit qu'elle m'aimait. Qu'ai-je à craindre maintenant? Pour craindre, ne faut-il pas être aimé, ou tout au moins, croire qu'on nous aime? Je ne connais pas ce bonheur; jamais, hélas! le mensonge n'est sorti de sa bouche. Je suis seul à pleurer. Oui ! ma douleur est amère ; la blessure a touché l'âme. Mais je n'ai jamais songé ni à me venger ni à tuer personne. ”

