Marcel Baillot

Élements biographiques

Marcel Baillot,  Ballades

“ Toi, du moins, fais-moi ce plaisir, dans les plis de ta robe, dans ce fouillis d’étoffes qui se retrousse gaiement, emporte un peu de cette neige que je voudrais voir se cristalliser pour toujours, ce fin givre artistement taillé, ce duvet que laissent négligemment tomber les grands eiders blancs qui volent dans les immensités bleues.
V
Et quand nous ne serons plus rien l’un pour l’autre, quand dans la tranquillité continue des sens, nous verrons les jeunes s’embrasser à pleine bouche, envoyons les amoureux dans les plaines blanches, dans les forêts où étincellent les stalactites de glace.
”
Source : Wikisource

Marcel Baillot,  Ballades

“ Ce sont des chuchotements discrets, des pressions de mains qui s’égarent, des baisers longs et brutaux, et dans leurs yeux qui luisent brille l’envie de s’accoler sans plus de gêne.
Mais il faut prendre les bouchées doubles, les trottins n’ont que quelques heures à accorder à leurs amants précoces. Parfois, dans une allée puante le couple disparaît et dans une chambre, dont les murs lépreux suintent le vice et la débauche, les fillettes perdent le précieux joyau de leur innocence. Ô Paris, gouffre sans fond, où sombrent tant de vertus !
”
Source : Wikisource

Marcel Baillot,  Ballades

“ Je chanterai tes yeux, tes grands yeux étonnés, ta fossette mignonne qu’empliraient à peine dix baisers, tes cheveux roux qui encasquent ta tête, je chanterai ta gorge blanche, tes épaules d’albâtre, car tu es belle, madame. Je suis poète aujourd’hui et j’ai du soleil plein le cœur. En veux-tu du soleil ! C’est bon la vie. S’en aller par les boulevards ensoleillés en cueillant des femmes et en embrassant des roses, et jaloux des gros papillons saupoudrés d’or, les chasser à coups de fleurs.
C’est mal de se moquer d’un pauvre poète.
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature