Résumé

A. Augustin-Thierry Les Grandes Mystifications littéraires

Reste alors le marquis. Les échantillons que j’ai donnés de son génie poétique rendent bien incertaine une telle attribution. Comment, par quel miracle, le désastreux auteur de ce pathos aurait-il pu s’élever soudain à la grâce naïve des Verselets, à la vigueur enflammée du Chant royal ?
Pourtant la mystification est là ; qui donc peut être le mystificateur ? Assurément un témoin désolé, un ennemi de la Révolution, les transparentes allusions politiques de l’Héroïde à Bérenger le démontrent. Or, ne l’oublions pas, Surville avait soumis ses manuscrits à son intime, le marquis de Brazais.
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A. Augustin-Thierry Les Grandes Mystifications littéraires

Vengent de sa fureur non encore assouvie
L’inimitable objet de mon premier encens.
Du pur galimatias. Nous sommes loin de Chénier, même de Lebrun ou de Thomas.
Un autre « tracassin » tourmentait encore Surville. Il s’en était mystérieusement ouvert à deux de ses amis, le comte de Fournas et le marquis de Brazais, exigeant de ces messieurs la promesse du secret. À l’en croire, il possédait d’inappréciables manuscrits, trésor lyrique d’une lointaine aïeule, et s’occupait à les transcrire.
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A. Augustin-Thierry Les Grandes Mystifications littéraires

En homme prudent autant qu’en linguiste averti, M. Antonin Macé ne prétend cependant pas que l’héritage littéraire de Clotilde nous soit parvenu dans son intégrité. Le marquis aurait fortement remanié les manuscrits originaux, rajeunissant ou vieillissant le texte à sa fantaisie.
Dirai-je que les arguments de M. Macé, volontiers sentimentaux, apparaissent médiocrement persuasifs ? De l’existence plus ou moins constatée d’une Clotilde de Surville, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’elle soit l’auteur des poésies publiées sous son nom.
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