Benjamin Constant,
Lettre à M. le procureur général de la Cour royale de Poitiers…
(1822)
“ Un tel égarement a, sous un rapport, des droits à un genre d'indulgence. Un homme tellement emporté par ses passions n'est, pour ainsi dire, plus responsable de ce qu'il fait; mais que je plains les accusés d'avoir des adversaires, et la monarchie des instrumens tels que vous! Ne vous y trompez pas, M. le procureur-général, ni vous, ni ceux qui marchent sur la même ligne; la France réprouve votre fougue, et frémit de vos doctrines. Elle frémit de ces preuves morales qui dispensent de preuves matérielles, de ces preuves morales, moyens révolutionnaires invoqués dans toutes les proscriptions. ”
