Résumé

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Lettre à M. le procureur général de la Cour royale de Poitiers… (1822)

Un tel égarement a, sous un rapport, des droits à un genre d'indulgence. Un homme tellement emporté par ses passions n'est, pour ainsi dire, plus responsable de ce qu'il fait; mais que je plains les accusés d'avoir des adversaires, et la monarchie des instrumens tels que vous!
Ne vous y trompez pas, M. le procureur-général, ni vous, ni ceux qui marchent sur la même ligne; la France réprouve votre fougue, et frémit de vos doctrines.
Elle frémit de ces preuves morales qui dispensent de preuves matérielles, de ces preuves morales, moyens révolutionnaires invoqués dans toutes les proscriptions.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Lettre à M. le procureur général de la Cour royale de Poitiers… (1822)

Le sentiment de notre dignité nous a fait rester en silence et impassibles. Les hommes qui ont demandé votre accusation, étaient désintéressés dans la question. La France est accoutumée à admirer leur talent, à révérer leur caractère, à approuver leur modération. Les noms de MM. Royer-Collard, Saint-Aulaire, Tripier, commandent le respect et la confiance ; et c'est en parlant de tels hommes, que votre vanité blessée vous a dicté cette inconcevable phrase: Les accusations dont on a osé nous rendre l'objet. Osé! M. le procureur-général, quel délire vous a donc saisi ?
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Lettre à M. le procureur général de la Cour royale de Poitiers… (1822)

Les contumaces , monsieur le procureur-général, sont des moyens usés. Toute la France sait que dans tous les procès de conspirations , la cheville ouvrière est un contumace obligé.
Les choses étant telles, il faut renoncer et à la liste du gouvernement provisoire, parce qu'elle n'incrimine personne, et à la lettre écrite à la Sarthe, parce qu'elle n'a pas été écrite, et aux dépositions de témoins obstinés et d'accusés consciencieux, qui ne déclarent que ce qu'ils savent, et même au contumace, plus maniable pourtant, puisque, vu son absence, on peut en faire tout ce que l'on veut.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature