Résumé

"Cafarderie" : revue tragi-comique de la C. H. R. du 143e régiment territorial d'infanterie… (1916)

LE TÉLÉPHONISTE, très lyrique Madame, écoutez bien, le « cafard » c'est ceci.
Et de vous l'avoir dit vous me direz merci, Car alors dédaignant et la plaie et la bosse Et tous les avatars de la mêlée atroce, Les jambes et les bras qui volent fracassés Et tout ce qui vous fait des demi-trépassés, Le crâne qui s'entr'ouvre aux baisers des mitrailles Et les ventres béants d'où pendent les entrailles, Madame, vous saurez que votre zèle est vain : Le corps n'est qu'un flacon dont l'esprit est le vin !.
Source : Gallica

"Cafarderie" : revue tragi-comique de la C. H. R. du 143e régiment territorial d'infanterie… (1916)

Mais, Madame, le pire, Son véritable mal, c'est qu'il est amoureux, Et vous pourriez, d'un mot, le rendre très heureux.
Est-ce donc le printemps et la sève qui monter Ou n'aurait-il pas peur d'être un laissé pour compte?
Enfin, toujours est-il que l'amour l'a bien pris; Et de quelqu'un il est éperdument épris.
Il en rêve la nuit; sa pauvre petite âme Mugit à chaque instant et réclame une femme !
Il est vraiment fâcheux qu'il ne soit pas présent, Un oui venant de vous le rendrait. très content.
Vous avez deviné, c'est à vous qu'il aspire, Accordez votre cœur, ou son cafard empire.
Source : Gallica

"Cafarderie" : revue tragi-comique de la C. H. R. du 143e régiment territorial d'infanterie… (1916)

Je garde l'écouteur, et si parfois j'en use, C'est pour quelques instants causer avec ma Muse, Déesse aux blonds cheveux, adorable profil,
Que je voudrais pouvoir relier à mon fil !.
Je n'écris pas trop mal, partout on le répète, Et les plus qualifiés me traitent de poète; Mes œuvres sont d'un plat qui fait autorité, Mais rien n'arrête, hélas ! mon cafard irrité.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature