Résumé

Portrait de Pierre-François Tissot Pierre-François Tissot La Capucinière, ou le bijou enlevé à la course (1780)

Ajouta-t-elle, en montrant père Albin ;
Depuis ce temps, je n’ai que du chagrin.
Hélas ! grand Saint ! à quoi suis-je réduite !
Quoi ! c’est Églé que l’on outrage ainsi ?
A dix-sept ans elle verse des larmes ;
A dix-sept ans elle est à la merci
De qui, grand Dieu ! d’un pareil sans-souci,
Qui la méprise et dédaigne ses charmes !
Ah ! c’est affreux, je n’y survivrai pas !
Oui, le cruel impunément m’outrage.
En le voyant, je m’étais dit tout bas :
Voilà celui qui, mieux qu’un jeune page,
T’enlevera ce bijou si vanté,
Que rarement on conserve à ton âge.
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Portrait de Pierre-François Tissot Pierre-François Tissot La Capucinière, ou le bijou enlevé à la course (1780)

Amour, c’est là qu’on te rend bien hommage !
Qu’au fond d’un cloître, on te brûle d’encens !
Qui sait le mieux satisfaire ses sens,
Passe chez nous pour être le plus sage.
L’Amour.
Jamais l’Amour ne sait rien refuser :
Je cède donc.
Saint-François.
Je cède donc.Bravo ! bravo ! mes Frères :
De ce pardon il vous faut bien user,
Et le plutôt. Je n’en fais pas mystères :
Sur certains points, vous pouvez déroger
A mes statuts, et ne pas m’outrager :
Tout n’y doit pas être pris à la lettre ;
Mais, je l’ai dit, je ne saurais permettre
Qu’un seul couvent soit sans père gardien.
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Portrait de Pierre-François Tissot Pierre-François Tissot La Capucinière, ou le bijou enlevé à la course (1780)

Qu’un gros bourdon sonne à grand bruit matines :
Et c’était lui qui, d’un bras vigoureux,
Faisait mouvoir mesdames Jacquelines [1] .
À ce concert des plus harmonieux,
Georges, sonneur de la Capucinière,
Se met en marche ; et bouillant de colère,
Fond sur le Saint, et, sans plus de façon,
Fait sur son dos danser martin-bâton,
Oh ! mais danser, de la belle manière.
« Au meurtre ! au meurtre ! au vol ! à l’assassin !
Finissez donc, laissez-moi, dit le Saint ;
Ah ! finissez, ou craignez la pareille. »
Mais le battant faisait la sourde oreille,
Et le battu poussait des cris en vain.
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