Guillaume Apollinaire,
Le bestiaire: ou, Cortège d'Orphée
“ Est-ce que la mort vous oublie, Poissons de la mélancolie. ORPHÉE IV.La femelle de l'alcyon, L'Amour, les volantes Sirènes. Savent de mortelles chansons Dangereuses et inhumaines. N'oyez pas ces oiseaux maudits, Mais les Anges du paradis. LES SIRÈNES.Saché-je d'où provient, Sirènes, votre ennui Quand vous vous lamentez, au large, dans la nuit? Mer, je suis, comme toi, plein de voix machinées Et mes vaisseaux chantants se nomment les années. LA COLOMBE.Colombe, l'amour et l'esprit Qui engendrâtes Jésus-Christ, Comme vous j'aime une Marie. Qu'avec elle je me marie. ”
