Résumé

Hartmann (E. de). — La religion de l’avenir

Si le protestantisme libéral n’est pas véritablement chrétien, a-t-il, au moins, le droit de s’appeler une religion ? « L’homme qui porte en soi des conceptions métaphysiques, telles que sa sensibilité en est affectée d’une manière positive, a de la religion. » C’est par la métaphysique, quelle qu’elle soit, c’est-à-dire par des conceptions générales sur l’origine, l’essence et la fin des choses, que sont inspirés et vivifiés dans chaque religion les pratiques du culte et les préceptes de la morale. Le mystère n’est pas moins essentiel à la religion que la métaphysique.
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Hartmann (E. de). — La religion de l’avenir

En face de la volonté toute-puissante d’un Dieu personnel, la volonté humaine se sent asservie, anéantie, et perd son autonomie morale. Le devoir n’est plus un ordre qu’elle se donne à elle-même, mais le commandement d’une volonté étrangère et supérieure. Tandis que, depuis Kant, la moralité et l’autonomie de la personne humaine sont, pour la conscience moderne, deux termes identiques, le théisme chrétien affirme, au contraire, qu’ils sont contradictoires.
Au triple point de vue de la science, de l’art, de la moralité, le christianisme est donc l’ennemi de la culture moderne.
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Hartmann (E. de). — La religion de l’avenir

« Le panthéisme, disait Henri Heine, est « la religion latente de l’Allemagne ; » il contient aussi les germes d’où sortira la religion de l’avenir. Seul, il enseigne une métaphysique, qui fait au mystère sa part, sans méconnaître les droits imprescriptibles de la science ; seul il permet de fonder une morale autonome et par suite vraiment désintéressée ; seul enfin il porte en lui ce détachement, ce dégoût de la vie, qui inspire le sentiment religieux.
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