Résumé

Portrait de Jacques Copeau Jacques Copeau Impromptu du Vieux-Colombier

Suzanne Tu sais bien qu’au dernier moment tout s’arrange.
Jouvet Tu parles comme le patron. Lui aussi, il se figure toujours que tout s’arrangera. Tu sais comme il est : c’est un homme qui ne connait pas la réalité. C’est à dire : il ne veut pas la connaître, il ne veut pas qu’il y ait des choses qu’on ne puisse pas faire. Il te commande un travail que tu crois comprendre, que tu trouves beau et logique, bien défini, que tu aimes déjà. Tu l’exécutes. La réalisation, pour le patron, c’est ce qui lui sert à penser à autre chose.
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Mais, ce que je ne sais pas encore, c’est si, parmi ces hommes et ces femmes appelés à la même tâche, un esprit commun peut naître et grandir. Et voyez-vous, mes amis, tout est là : notre action n’aura point de force, notre art n’aura point d’âme, si vous ne savez pas vous fondre en un seul être brûlant d’une même flamme, sentant, comprenant, obéissant, aspirant d’un même élan. Depuis trois ans, je songe à cette minute où le rideau se déchirera devant nous, où nous serons de nouveau exposés au public.
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Sans doute avions-nous de grands mots à la bouche : faire de l’art, travail désintéressé, racheter le théâtre de cet état d’abaissement ou des exploiteurs l’ont fait tomber. Mais la foi, Patron, la foi pratique et invincible, elle nous est entrée dans l’âme peu à peu, jour par jour. Il nous a fallu la vie commune, l’amour commun, l’humble travail quotidien qui crée tout avec les mains de l’homme et par elles fait tout sortir du néant, il nous a fallu la guerre, l’apprentissage de la patience et de la discipline, et la menace
Nota : Le texte compris entre astérisques est de Molière.
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