Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Revue des Deux Mondes

Dans son amante en deuil le spectre de la mort.
Pourtant il crie au ciel un mal qu’il voudrait taire :
Elle est si belle encor, l’ombre vouée à Dieu,
Que, l’aimant hors du monde, il l’aime aussi sur terre.
Comme dans un caveau veille une lampe en feu,
Elle vit pour un mort, presque morte elle-même,
Rayon lointain d’étoile où vacille un adieu.
Et le géant, vaincu par la grâce suprême,
Rêve de faire encor, — lui, par Dante inspiré, —
Un portrait glorieux du fantôme qu’il aime.
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Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Revue des Deux Mondes

Et toi, terre des preux, cœur du monde chrétien,
Pousse le cri vengeur avant que ce feu gronde,
France ! ou l’opprobre anglais va devenir le tien.
Permettras-tu qu’un si grand crime se consomme ?
C’est une enfant ; son cœur est plus pur que le jour.
Son rêve a dépassé les idéals de l’homme :
Seule au monde elle fut la guerrière d’amour.
Toi, Rouen, voudras-tu que cela s’accomplisse ?
Veux-tu garder un sceau d’infamie à ton front ?
Non, non ! pour empêcher ta honte et son supplice,
D’eux-mêmes tes pavés, Rouen, se lèveront !
Le bûcher !... le bûcher !...
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Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Revue des Deux Mondes

Mais l’amour, c’est le dieu qui ne pardonne pas ;
A soixante-dix ans le titan Michel-Ange
Vers une femme en deuil tendait en vain les bras.
L’heure vient où l’amour qu’on dédaigna se venge ;
C’est lui qui blesse Hercule et le jette au bûcher ;
Michel-Ange par lui souffre un martyre étrange :
Il porte en pleine chair le trait du fauve archer.
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