Résumé

Portrait de Jean Paulhan Jean Paulhan Revue philosophique de la France et de l'étranger

C’est que le malade ou le rêveur que l’on considère a, en général et d’une manière très intense, au moment même où il sent qu’une autre existence l’envahit, l’idée de son moi à lui, de son « vrai moi ». Dans le premier rêve, j’ai eu l’intuition subite, le sentiment de ma personnalité, d’une manière plus profonde peut-être que je ne l’avais jamais eue. Et parmi les malades que l’on a observés, beaucoup aussi se plaignent de la disparition progressive de leur moi, et découvrent subitement qu’ils tenaient beaucoup à eux-mêmes.
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Le devoir, pour nous, c’est ce que comportent, dans l’avenir, telles de nos tendances, tels de nos désirs, c’est l’élément réel qu’ils serviront à construire. Et l’on a pu montrer comment le devoir se ramenait, pour une grande part, à l’idée de l’attente : il est le moi projeté dans l’avenir, le moi prolongé. Or nous avons encore, à l’ordinaire, une idée bien plus nette, bien plus assurée de ce qu’est le devoir des autres que de notre devoir à nous.
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Il ne s’agit plus ici de battements de cœur ou de sensations cénesthésiques.
Mais, lors même qu’il s’agit de sentiments ou d’idées, il peut se présenter encore, en nous, un dédoublement de la personnalité. Nous pouvons croire ou savoir que tel de nos sentiments ne nous appartient guère, que telle idée que nous avons, nous est au fond étrangère. Et le cas est ici le même que pour les sensations internes. Seulement il arrivera à l’ordinaire que le dédoublement ne nous paraîtra plus une chose étrange.
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