Louis Bonzom

Résumé

Louis Bonzom Le destin a fait justice (1939)

Comme il posait sa casquette sur la table, ses yeux tombèrent sur ce fragment de photo qu'il avait cru perdu.
Le nez sur son aiguille, Gervaise l'observait à la dérobée. Elle le vit frissonner et pâlir affreusement. La conviction de la veuve de Georges était faite.
— Ah! fit Bourot d'une voix altérée, c'était... c'était dans mes poches?
— Oui, dit négligemment Gervaise, un déchet de carton, qui avait glissé dans la doublure de cette vieille veste.
Bourot scruta l'impassibilité de Gervaise. Il sembla rassuré. Elle n'avait pas, heureusement, prêté d'attention à cet objet.
Source : Gallica

Louis Bonzom Le destin a fait justice (1939)

La nuit qui suivit, Georges Lambert — après un repas morose qui avait fait la tristesse étonnée de Gervaise — la passa à peu près blanche.
— Mais, qu'as-tu, mon Georges? Tu te tournes et tu retournes sans cesse. Tu sembles avoir quelque chose qui te tourmente?
— Mais, je n'ai rien... je t'assure... rien...
Il passa sa nuit, les yeux ouverts. Le venin que Bourot avait instillé en lui faisait son effet rongeur.
Au petit jour, il se leva et alla à son usine.
La vue de Louis Boulard lui fit un étrange effet. La cordiale poignée de main de son ami le contracta légèrement.
Source : Gallica

Louis Bonzom Le destin a fait justice (1939)

Votre portrait ?,..
— Mon portrait, oui.
Bourot prit une photo, qu'il contempla longuement, d'un regard presque avide. Il se délectait avec une émotion qu'il s'efforçait de masquer sous un sourire approbateur, de l'image de Gervaise, de son regard, de son exquis sourire.
— C'est... c'est bien... fit-il d'une voix un peu oppressée.
Il ne se sépara de cette image que d'une main hésitante, comme avec regret.
— C'est... c'est bien... C'est... c'est tout à fait vous.
Gervaise remit vivement les photos dans leur enveloppe, qu'elle alla replacer dans le tiroir de la machine à coudre.
Source : Gallica

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