Résumé

P. Cossé La presse, satire première : aux Ministres (1833)

Je vous entends déjà sur les maux de la guerre Soupirer, l'œil au ciel, un sermon doctrinaire, Et parmi vos vertus placer au premier rang Le désir d'épargner notre or et notre sang.
Vous, épargner notre or! Mais jamais ministère
Nous vendit-il plus cher son règne impopulaire?
Villèle payait bien la prostitution, Les Trois-Cents avaient soif: et pourtant le syphon, Qui du peuple à longs traits aspirant la richesse, Aux coffres-forts royaux la transvase sans cesse,
A nourrir du Pouvoir la prodigalité, L'impôt ne mit jamais pareille activité.
Source : Gallica

P. Cossé La presse, satire première : aux Ministres (1833)

Mais nous, qui des faux dieux méprisant la vengeance, A la Liberté sainte avons promis la France, Précurseurs de son règne, apôtres de sa loi, Le front haut, nous prèchons le Dieu de notre foi : De faiblesse et de peur nos ames toujours vierges, Des sombres Proconsuls ne craignent pas les verges, Et lorsque dans nos rangs tombe quelque martyr, Il meurt calme, les yeux fixés sur l'avenir.
Ministres, croyez-moi; s'il est vrai que la Presse De ses cris importuns et vous gène et vous blesse,
Voulez-vous de son fiel tarir les flots amers?
Source : Gallica

P. Cossé La presse, satire première : aux Ministres (1833)

Et quel usage, ô ciel ! du fruit de nos labeurs !
0 peuple qu'on épuise, où coulent tes sueurs !
Du trône et de l'autel les farouches sicaires , Les soldats de Stofflet, qui du sang de leurs frères Nourrirent leurs bûchers, et souillèrent leurs bras , Touchent encor le prix de leurs assassinats.
Ces nobles, qui vingt ans au cœur de la patrie Du fer de l'étranger guidèrent la furie ; Eux, qu'après Waterloo sur ses membres sanglans La France vit passer de sa chute insolens, A son sein, qu'en public leur vieil ongle déchire, Appliquent dédaigneux leur lèvre de vampire
Source : Gallica

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