Camille Le Senne,
Le réveil de Corneille : poème dramatique
(1916)
“ LA MUSE DES DEUILS Père, les derniers-nés de la race hunnique, Les enfants d'Attila, sous le drapeau teuton, Ont ramené leurs chars aux champs Catalauniques Et, la hache à la main, ravagé nos cantons. Dans les prés dévastés, la horde passe et broie; La meule, sans merci, écrase les cités; La tempête de fer et de feu qui flamboie Sur les clochers s'abat à coups précipités. De nos temples sacrés qui gardaient dans leur ombre Le suprême reflet des peuples prosternés Les murs déshonorés ne sont plus qu'un décombre Où gît sous les débris l'idéal profané. ”
