Résumé

Portrait de Camille Le Senne Camille Le Senne Le réveil de Corneille : poème dramatique (1916)

LA MUSE DES DEUILS
Père, les derniers-nés de la race hunnique, Les enfants d'Attila, sous le drapeau teuton, Ont ramené leurs chars aux champs Catalauniques Et, la hache à la main, ravagé nos cantons.
Dans les prés dévastés, la horde passe et broie; La meule, sans merci, écrase les cités; La tempête de fer et de feu qui flamboie Sur les clochers s'abat à coups précipités.
De nos temples sacrés qui gardaient dans leur ombre Le suprême reflet des peuples prosternés Les murs déshonorés ne sont plus qu'un décombre Où gît sous les débris l'idéal profané.
Source : Gallica

Portrait de Camille Le Senne Camille Le Senne Le réveil de Corneille : poème dramatique (1916)

LA MUSE DES DEUILS, à Corneille.
Père, écoute la voix qui crie Sortant du sillon déchiré ; Écoute la terre meurtrie, Entends ses cris désespérés.
Arrachant la verte tunique Des bois, des prés et des labours, Sur notre glèbe pacifique La guerre s'acharne toujours.
Partout où va l'œuvre de haine, Plus de champs, de monts, ni de plaine, Rien qu'un chaos mouvant que draine
Le pied des chevaux écumants.
Source : Gallica

Portrait de Camille Le Senne Camille Le Senne Le réveil de Corneille : poème dramatique (1916)

Je possède tous les dictames : Quand je me penche sur les âmes, La douleur s'endort dans mes bras.
LA MUSE DES GLOIRES
Connais mieux, faible sœur, le maître d'énergie.
Ce n'est pas le roseau qui plie Et cède au toucher du péril : De plus nobles pensers gonflent son cœur viril.
Je lèverai le sceau qui ferme sa paupière, Je le ranimerai sans crainte et sans remords; Que pour quelques instants il revoie la lumière Et je lui verserai le breuvage des forts.
(Elle étend la main. )
CORNEILLE
Que voulez-vous, pâleurs voilées, Formes à peine révélées Que j'aperçois à mon réveil ?
Source : Gallica

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