Alfred Joubert

Résumé

Alfred Joubert Le Jardin de la déesse (1900)

Des moires de rubis que nacrent des guipures Passent, très lentement, sur les flots irisés; Dans les vents paresseux saignent les roses mûres, Et la terre s'éveille en un bruit de baisers.
La Déesse alanguie ouvre ses grands yeux calmes, Et, sur les îles d'or, penchant ses seins d'émail, Répond, en agitant les franges de ses palmes, A l'aube qui sourit sous son rose éventail.
Et soudain le décor s'illumine et s'embrase Dans une monstrueuse et pourpre floraison, Et le soleil levant sur la mer de topaze Semble un palais de feu qui flambe à l'horizon.
Source : Gallica

Alfred Joubert Le Jardin de la déesse (1900)

L'oiseau royal est mort aux serres des orfraies, La Déesse a vaincu le guerrier jamais las, Car le héros connut la splendeur de vos plaies, Blessures du baiser dont on ne guérit pas!
Et du pays Berbère aux rives de l'Hydaspe, Sur les monts qu'ont foulé les cavaliers d'Assur, L'âme du conquérant rutile au ciel de jaspe Comme un épervier d'or éployé dans l'azur.
Source : Gallica

Alfred Joubert Le Jardin de la déesse (1900)

LE JARDIN DE LA DÉESSE 27
Et longtemps et toujours, Hellas, ô ma beauté, Mère des grands devoirs, ô splendeur immortelle, Tes flots clairs rediront pendant l'éternité Le nom de tes héros à tes caps de dentelle.
Et longtemps et toujours l'homme viendra puiser La jeunesse et la force en ta robuste étreinte, Sur tes seins effeuiller la gloire du baiser Et sur tes lèvres d'or les roses de Corinthe,
VIII
Alexandre.
Des sables de Nubie aux cieux de Macédoine Et de la jeune Rome à l'antique Ilion, Sur les monts d'émeraude et les flots de sardoine, Alexandre a traîné son manteau de lion.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature