Alfred Joubert, Le Jardin de la déesse (1900)
“ Des moires de rubis que nacrent des guipures Passent, très lentement, sur les flots irisés; Dans les vents paresseux saignent les roses mûres, Et la terre s'éveille en un bruit de baisers. La Déesse alanguie ouvre ses grands yeux calmes, Et, sur les îles d'or, penchant ses seins d'émail, Répond, en agitant les franges de ses palmes, A l'aube qui sourit sous son rose éventail. Et soudain le décor s'illumine et s'embrase Dans une monstrueuse et pourpre floraison, Et le soleil levant sur la mer de topaze Semble un palais de feu qui flambe à l'horizon. ”
