Résumé

Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Le Parnasse contemporain/1869

Et, les yeux grands ouverts, dans l’azur ou l’orage,
La face au ciel, dormit selon sa volonté.
Hénokhia ! cité monstrueuse des Mâles,
Antre des Violents, citadelle des Forts,
Qui ne connus jamais la peur ni le remords,
Telles du fils d’Élam frémirent les chairs pâles,
Quand tu te redressas du fond des siècles morts.
Abîme où, loin des cieux aventurant son aile,
L’Ange vit la beauté de la femme & l’aima,
Où le fruit qu’un divin adultère forma,
L’homme géant brisa la vulve maternelle,
Ton spectre emplit les yeux du Voyant Thogorma.
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Le Parnasse contemporain/1869

Et le songe immortel dans le néant de l’heure ?
Ai-je dit de vouloir & puni d’obéir ?
Ô misère ! Ai-je dit à l’implacable Maître,
Au Jaloux, tourmenteur du monde & des vivants,
Qui gronde dans la foudre & chevauche les vents :
La vie assurément est bonne, je veux naître !
Que m’importait la vie au prix où tu la vends ?
Sois satisfait ! Kaïn est né. Voici qu’il dresse,
Tel qu’un cèdre, son front pensif vers l’horizon.
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle Le Parnasse contemporain/1869

Je souffre, qu’ai-je fait ? — Le Khéroub dit : — Kaïn,
Iahveh l’a voulu. Tais-toi. Fais ton chemin
Terrible. — Sombre Esprit, le mal est dans le monde ;
Oh ! Pourquoi suis-je né ! — Tu le sauras demain. —
Je l’ai su. Comme l’ours aveuglé qui trébuche
Dans la fosse où la mort l’a longtemps attendu,
Flagellé de fureur, ivre, sourd, éperdu,
J’ai heurté d’Iahveh l’inévitable embûche ;
Il m’a précipité dans le crime tendu.
Ô jeune homme, tes yeux, tels qu’un ciel sans nuage,
Étaient calmes & doux, ton cœur était léger
Comme l’agneau qui sort de l’enclos du berger
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